William Hogarth

Définition et enjeux

Augustin Filon Revue des Deux Mondes

Quand même l’Angleterre du XVIIIe siècle lui offrirait autant de voûtes et de panneaux disponibles que l’Italie du XVIe la tâche ne tenterait pas William Hogarth. Ces dieux nus, ces héros drapés, dont les contemporains de Le Brun et de Kneller ont fait leurs délices, ne lui présentent que des attitudes convenues, des costumes sans date, des corps sans âme, et des corps dont l’anatomie elle-même diffère de la nôtre. Au seuil de ce monde mort, dont l’existence, même dans un passé reculé, lui semble un problème, Hogarth recule de dégoût et presque de peur.
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Portrait de Alphonse Esquiros Alphonse Esquiros L’Angleterre et la vie anglaise

La vie de l’homme nous initie déjà au genre et à la manière du peintre. William Hogarth saisit volontiers la beauté au vol ; mais il est évident que là n’est point sa préoccupation dominante. Doué au plus haut degré d’un sens d’observation humoristique, philosophe, moraliste et enclin à la satire, il a peint la comédie humaine de son temps ; plus d’une fois, il est vrai, cette comédie s’élève jusqu’au tragique, et le grotesque devient terrible. On lui reproche même d’avoir peint des scènes trop révoltantes.
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Portrait de Alphonse Esquiros Alphonse Esquiros L’Angleterre et la vie anglaise

À ce point de vue, William Hogarth est plus qu’une gloire pour son pays, c’est un enseignement. Se figure-t-on bien l’effet moral produit par une série de gravures qui courent ici entre les mains de tout le monde, et où domine toujours, à côté des hautes qualités de l’artiste, un rigide sentiment de justice qui dénonce le mal, qui défend vaillamment le droit et montre à chaque pas ce qu’il y a de sérieux sous les folies humaines ?
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