Résumé

Émile Bayard La caricature et les caricaturistes… (1900)

« Pendant trente ans, d'un crayon bizarre et nerveux, Cham a piqué, à fleur de peau, mais avec ténacité, les hommes et les choses du jour, pêle-mêle, au petit bonheur. »
Voilà, certes, un art tout à fait superficiel, dont l'esprit est tel, il est vrai,
que l'on ne songe qu'à rire, sans s'attarder à l'image, car ces croquis embroussaillés, peu affriolants d'aspect, ne valent guère par eux-mêmes. Ils grimacent tous, ces petits bonshommes maigres, secs ; ils sont chiffonnés, ratatinés ; l'artiste les dessine sans prétention, n'allant jamais plus loin que l'esquisse.
Source : Gallica

Émile Bayard La caricature et les caricaturistes… (1900)

Génie indépendant et bien français, Willette crayonne ses pastels attendris avec une verve à lui, sans cesse renouvelée ; il est fécond, car son âme est sereine ; il est audacieux, car il est sans crainte, bien au-dessus de la vie, qu'il envisage avec un sourire.
Parfois, au cours des événements qui le passionnent, l'artiste quittera son crayon fleuri pour prendre l'arme de révolte ; il s'insurge, ce coeur généreux tressaille, et, tandis que la colère déborde, tout le talent transformé se met au service des faibles et défend la liberté au profit de tous.
Source : Gallica

Émile Bayard La caricature et les caricaturistes… (1900)

Le comique de Cham a ceci de particulier qu'il n'est pas débordant ; il est railleur à froid, correct jusqu'à la raideur ; c'est une verve de pince-sans-rire, qui amène sur les lèvres un sourire spécial.
Cet artiste, dont la verve est toute parisienne, fut l'un des représentants les plus vivaces de l'esprit particulier de la capitale. Ni profond comme Gavarni,
ni puissant comme Daumier, mais taquin et harceleur, Cham cultive la « scie » et s'acharne à détruire la logique pour déséquilibrer le « sérieux » ; c'est toute une technique personnelle du rire, en passant par le rictus amer.
Source : Gallica

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