Alphonse Daudet,
Trente ans de Paris
“ HENRY MONNIER Je me vois dans ma mansarde de jeunesse, en hiver, avec du givre aux vitres et une cheminée à la prussienne sans feu. Assis devant une petite table en bois blanc, je travaille, j’aligne des vers, les jambes enveloppées d’une couverture de voyage. Quelqu’un frappe. — « Entrez ! » et dans l’ouverture de la porte se dresse une assez fantasque apparition. Figurez-vous un ventre, un faux-col, une face de bourgeois rougeaud et rasé, et un nez romain chaussé de lunettes. Cérémonieusement, le personnage salue et me dit : « Je suis Henry Monnier. » ”
