Augustin Filon

Résumé

Augustin Filon Revue des Deux Mondes

Comment l’artiste s’y est-il pris pour répandre l’infernale joie du triomphe sur cette face qui n’est pas une face, sur ce visage qui n’a point d’yeux ni de bouche ? Dans l’ombre commençante de la folie qui descendait sur lui, l’avait-il entrevue, celle qui rapproche dans une défaite commune les vainqueurs et les vaincus de la vie, Napoléon maître du monde et l’humble artiste qui gagnait son pain en l’insultant ?
C’est lui qu’elle toucha le premier. Lorsque le crayon lui glissa des mains, le jeune Cruikshank et le vétéran Rowlandson prirent sa place.
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Augustin Filon Revue des Deux Mondes

Entre les héros et les magots, entre les demi-dieux de la Grèce et les diables du moyen âge, entre le sublime et le grotesque, entre la tragédie et la farce, il y a, selon lui, tout un monde intermédiaire, jusque-là négligé des artistes. Or, ce monde-là, c’est précisément celui où nous vivons, et c’est celui que Hogarth se prépare à explorer. Dans la voie où il s’engage, il n’a d’autres précurseurs que les maîtres hollandais, peintres patiens et fins de la vie intime ; mais il vivifiera leur réalisme, en y jetant un élément nouveau : l’action, l’émotion, le drame.
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Augustin Filon Revue des Deux Mondes

« Des deux, Kean était le plus grand acteur et Macready le plus grand artiste. » Tout ce qui tenait de l’instinct était supérieur chez l’un, et tout ce qui venait de l’intelligence chez l’autre. Macready se soutenait dans les momens calmes, rendait puissamment les émotions vertueuses, ce qu’on pourrait appeler les bonnes passions. Ce qu’il y avait de plus grand dans Shakspeare, l’âme même de sa poésie se révélait chez Kean, mais sur un point Macready conservait l’avantage : c’est lorsqu’il regardait dans le vide, lorsque sa face hagarde et figée suggérait la vision de l’invisible.
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