Jacques Boulenger, Les Romans de la table ronde (1922)
“ Lancelot piquait des deux derrière lui, lorsque la reine, écartant son voile, révéla son visage : ainsi le soleil dissipe une nuée. Et, voyant soudain ce qu’il aima toujours plus que sa vie, il tomba en extase. Son destrier las, qui avait soif et ne se sentait plus mené, s’approche de l’eau pour s’abreuver ; la berge était haute : le cheval tend le cou, le pied lui manque, il choit dans la rivière profonde : Lancelot demeure les yeux fixés sur la reine. Le cheval perd ses forces, il coule, et déjà l’eau monte aux épaules du chevalier fasciné ; mais toujours il contemple sa dame. ”
