Jacques Boulenger

Résumé

Jacques Boulenger Les Enfances de Lancelot

Et en disant ces mots, le maître frappe l’enfant d’un tel soufflet qu’il le jette à terre. Lancelot ne pleure ni ne crie, mais répète qu’il prise plus le lévrier que deux roussins. Le maître en colère cingle rudement le chien de sa verge et l’animal, qui était jeune, se met à hurler.
Furieux, Lancelot lâche les deux laisses et, arrachant son arc de son col, court sus à son maître. Celui-ci, qui le voit venir, tente de le saisir. Mais l’enfant, vite et léger comme il était, évite la prise et le frappe du tranchant de l’arc sur la tête si durement qu’il lui fend la peau et l’abat tout étourdi.
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Jacques Boulenger Les Enfances de Lancelot

Son heaume est comme la guérite d’où l’on surveille les malfaiteurs et les larrons de Sainte Église. Sa lance, si longue qu’elle blesse avant qu’on atteigne celui qui la porte, signifie qu’il doit empêcher les malintentionnés d’approcher Sainte Église. Et si l’épée, la plus noble des armes, est à deux tranchants, c’est qu’elle frappe de l’un les ennemis de la foi, de l’autre les voleurs et les meurtriers ; mais la pointe signifie obéissance, car toutes gens doivent obéir au chevalier : et rien ne perce le cœur comme d’obéir en dépit de son cœur.
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Jacques Boulenger Les Enfances de Lancelot

À le voir venir ainsi, terrible, Saraide demeure un instant étonnée, mais elle se ressaisit juste à temps pour jeter un enchantement qui donne aux enfants la semblance de ses deux lévriers et aux chiens la leur, et dans le même instant elle se jette au-devant du roi, dont l’épée la blesse au sourcil ; elle en porta la cicatrice toute sa vie.
— Ha, roi Claudas, crie-t-elle, j’ai chèrement payé ma venue en votre cour ! Vous m’avez blessée et vous voulez tuer mes lévriers, qui sont les plus beaux du monde !
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