Résumé

Jacques Boulenger L’Histoire de Merlin l’enchanteur

D’un bond l’inconnu saute sur lui, il lui arrache son heaume avec tant de rudesse qu’il le blesse au nez et aux sourcils, puis il lui abaisse la coiffe du haubert sur les épaules, et lui crie qu’il est mort s’il ne s’avoue prisonnier.
— Ah ! gentilhomme, ne me tue pas, s’écrie le roi, car certes je ne t’ai jamais rien fait qui mérite la mort. Je m’appelle le roi Lot d’Orcanie, à qui il n’arrive plus que malheurs depuis longtemps.
— Et moi, je suis Gauvain, le neveu du roi Artus.
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Jacques Boulenger L’Histoire de Merlin l’enchanteur

L’autre soir, je la rencontrai en compagnie du nain contrefait dont elle est l’amie, et je n’ai pas daigné croiser la lance contre lui ; mais il m’a renversé et démis l’épaule, et il ne m’a fait grâce de la vie qu’à la condition de me rendre prisonnier à vous.
— Bel ami, dit le roi, il vous a mis en bonne et douce prison. Mais dites-moi quel est ce chevalier nain ; je vous libérerai à ce prix.
— Sire, c’est le fils du roi Brangore d’Estrangore, qui est haut homme, puissant en terres et en amis, et loyal envers Dieu.
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Jacques Boulenger L’Histoire de Merlin l’enchanteur

Et Viviane, qui avait alors douze ans d’âge, venait souvent jouer et se divertir dans la forêt.
Un jour qu’elle était assise au bord d’une fontaine claire dont les graviers luisaient comme de l’argent fin, Merlin vint à passer sous la semblance d’un très beau jouvenceau. Dès qu’il la vit, il l’admira si fort qu’il ne put que la saluer sans mot dire. « Je serais bien fol, pensait-il cependant (car il savait toutes choses) , si je m’endormais dans le péché et si je perdais toute liberté pour avoir le déduit d’une pucelle et la honnir en offensant Dieu. »
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