Résumé

Jacques Boulenger Le Chevalier à la charrette

Il était déjà tout armé.
— Dieu vous donne bonjour ! fit-elle.
— À vous aussi, demoiselle.
— Sire, la coutume est qu’une pucelle qui va seule ne craigne rien ; en revanche, lorsqu’un chevalier la conduit, si un autre la conquiert sur lui, il en peut user à son désir comme si elle était sienne. Or il y a près d’ici un homme qui longuement m’a aimée et requise d’amour, mais il a perdu ses peines. Pourtant, si vous voulez me protéger, je vous guiderai sans crainte.
— Demoiselle, je vous saurai bien défendre contre un chevalier, voire contre deux, dit Lancelot.
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Jacques Boulenger Le Chevalier à la charrette

Puis il vint droit au pont, regarda encore la tour où la reine était en prison, la salua de la tête, plaça son écu derrière son dos pour n’en être pas empêché et, s’étant signé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, il se mit à cheval sur le pont acéré et commença de ramper au-dessus du tranchant de l’épée à la force des bras et des genoux ; et vous auriez vu le sang jaillir de ses mains, de ses pieds et de ses jambes ; mais il avançait, les yeux fixés sur la tour, sans regarder la lame coupante ni l’eau bruissante et félonne, songeant qu’à celui qu’amour mène, souffrir lui est doux.
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Jacques Boulenger Le Chevalier à la charrette

Et je viens me défendre contre Lancelot du Lac, car j’ai ouï dire qu’il se plaint que ce soit par trahison que je l’ai jadis blessé. Et s’il le prétend, qu’il s’avance, car je suis prêt à soutenir que je l’ai navré en droite joute et comme bon chevalier.
— Sire, fit le roi, vous êtes le fils de l’un des plus prud’hommes du monde, et l’on doit vous pardonner votre méprise pour l’amour de lui. Ignorez-vous que Lancelot n’est pas céans, et n’y est plus depuis longtemps ? S’il s’y trouvait, il saurait bien vous répondre !
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