Résumé

G. Rothan Revue des Deux Mondes

Je crois à l’unité de l’Allemagne et je la désire comme je désire celle de ma patrie. Je déteste l’empire et la suprématie que la France s’arroge sur l’Europe. Je crois que l’alliance de l’Italie avec la France contre la Prusse, dont les victoires nous ont donné la Vénétie, serait un crime qui imprimerait une tache ineffaçable à notre jeune drapeau. Tout en conservant notre indépendance réciproque pour l’avenir, je pense donc qu’il y a lieu à une alliance stratégique contre l’ennemi commun entre le gouvernement prussien et notre parti d’action.
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G. Rothan Revue des Deux Mondes

L’empereur, en lui imposant à Nickolsbourg la ligne du Mein, croyait s’être prémuni contre la transformation allemande : il s’adonnait au rêve des trois tronçons; mais la ligne du Mein, loin d’entraver l’unité, ne devait servir qu’à la précipiter.
La Prusse, grisée de ses triomphes, pleine de confiance dans ses hommes de guerre et dans l’armement qui lui avait valu la victoire, ne cachait plus ses desseins. Le langage de M. de Bismarck devenait chaque jour plus hautain ; il n’était plus possible de se complaire dans les illusions.
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G. Rothan Revue des Deux Mondes

Il parlait de la guerre sans faire allusion à la neutralité bienveillante observée par la France. Il passait sous silence la suspension d’hostilités, la convention d’armistice, et les préliminaires de la paix. Il affectait de ne pas dire un mot de l’œuvre désintéressée de notre médiation. Il parlait au contraire avec emphase des fruits qui devaient éclore de la semence sanglante, et avec orgueil de la mission de la Prusse, qui ne serait remplie entièrement que par la régénération de l’Allemagne. Ce langage n’était ni obscur ni équivoque : on ne pouvait s’y méprendre.
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