Alexandre Thomas

Résumé

Alexandre Thomas,  Revue des Deux Mondes

“ Ce n’est pas là certainement le catholicisme de M. de Maistre, et rien ne me touche comme de sentir tout ce qu’il faut de jeunesse, de tendresse de cœur pour se dérober, même par hasard, aux étreintes glaciales de ce génie désolant, quand une fois on s’est laissé saisir. C’est que c’est là surtout la plus heureuse inconséquence de M. Lacordaire : jusqu’au milieu de cette aride scolastique, dont il est l’esclave, de ces creuses amplifications dont il a le goût, jusqu’au milieu de cette vie artificielle, il demeure une nature passionnée, franchement, hardiment ou doucement passionnée. ”
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Alexandre Thomas,  Revue des Deux Mondes

“ La démocratie enfin est déjà pour ainsi dire assise sur le pays, grace à cette constitution militaire qui appelle tous les citoyens sous les drapeaux et les y garde toujours ; mais l’armée démocratique de la Prusse se range encore en bataille au pied d’un trône absolu. Singulier absolutisme que l’usage tempère jusqu’à le dissimuler et qu’un caprice individuel pourrait pousser à l’extrême sans violer aucune loi ! Singulière démocratie qui souffre l’arme au bras ce dur commandement du bon plaisir, et se laisse si rudement manier par une autorité qu’elle briserait rien qu’en éclatant ! ”
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Alexandre Thomas,  Revue des Deux Mondes

“ L’unité allemande, c’est la quadrature du cercle ; on s’en approche, mais on ne l’atteint pas. Je compare l’unité allemande aux cathédrales allemandes ; on a travaillé pendant des siècles, et nous n’en avons pas une de finie. Il y a dans la nature de l’Allemand un instinct, un entraînement vers le transcendantal qui monte au-delà de toute réalité, sans pouvoir jamais devenir lui-même quoi que ce soit de réel. Cet instinct est beau, il est élevé ; son domaine, c’est l’art, c’est la religion, c’est le sentiment, mais ce n’est point la politique. ”
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