Pierre Bouchardon

Résumé

Pierre Bouchardon Le crime de Vouziers (1931)

Ni Frédéric qui, il est vrai, couche en haut, ni Louise qui est à quatre pas de sa tante, ni madame Benoît qui, plus âgée et tourmentée d'inquiétudes, n'a qu'un sommeil léger, personne n'entend rien de tout ce bruit. L'effraction de la persienne, la vitre brisée dont les éclats retombent et retentissent, l'armoire que l'on ouvre, le coffre que l'on force, cet or dont on s'empare, cette argenterie que l'on étale sur le parquet, les pas de l'assassin qui s'approche, les meubles qu'il heurte dans l'obscurité, tous ces bruits sourds ou éclatants ne peuvent rien contre leur sommeil.
Source : Gallica

Pierre Bouchardon Le crime de Vouziers (1931)

L'orage qui s'est rapproché est en plein fracas ; les éclairs coupent la figure de Chaix d'Est-Ange, mais c'est le justicier qui lance la foudre. Pâles comme des morts, comme ces morts que les voitures emportent là-bas, dans un amoncellement de cercueils, vers les cimetières, les auditeurs suivent cette évocation où, par un trait de génie, l'avocat fait apparaître la victime, l'apostrophe, la tutoie même, lui adresse des conseils posthumes... Tous les yeux cherchent Benoît qui se débat sous la fascination du regard de Chaix d'Est-Ange, sous l'implacable étreinte de sa parole. L'accusé crie.
Source : Gallica

Pierre Bouchardon Le crime de Vouziers (1931)

Sans désemparer, on conduit Frédéric à la Morgue. Le cadavre de Joseph y est étendu sur les dalles, avec son affreuse entaille de la gorge.
« Ce n'est pas là Formage ». Tel est le premier mot du jeune Benoît.
En vain, on lui représente la chemise et la cravate de la victime, tous objets qui lui ont appartenu et dont il a fait don à son ami. En vain, on lui montre le tatouage des tourterelles. En vain, on lui fait observer qu'il n'a pas pu ne pas remarquer cet emblème, du moment qu'il a partagé pendant plusieurs mois le lit de Joseph.
Source : Gallica

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