“ « Fuis, car de mon amour tu serais la victime, « Car je veux être aimée, et m’aimer est un crime ; « Et, des mille fureurs qui viennent m’enflammer, « Ma plus grande fureur est de me faire aimer. » Cette femme, pourtant, avait touché son âme, Cette femme était belle, il aimait cette femme ! « — Quoi ! t’aimer est un crime ! Et moi, si je t’aimais, « Si je t’aime, faut-il te laisser pour jamais ? « Ton regard est si beau, que le feu qui l’anime « Me force à demander : Femme, qu’est-ce qu’un crime ? » ”
Victor Cochinat
Résumé
« Lacenaire », de Victor Cochinat, est un roman qui plonge dans l’univers sombre d’un meurtre et des réseaux criminels qui l’entourent. L’œuvre, centrée sur les personnages de Lacenaire, Avril et Chardon, explore les thèmes du crime, de la complicité et des enjeux moraux liés à la justice. À travers des dialogues percutants et des réflexions sur la culpabilité, Cochinat dépeint un monde où le meurtre devient une obsession, entrelacé à des motivations ambivalentes.
Les citations révèlent un personnage déchiré entre passion et destruction, tandis que la mort de Chardon sert de point de départ à une enquête qui questionne les limites de la loi. L’œuvre souligne enfin la tension entre le désir de vengeance et l’acceptation de la mort comme « conséquence » inévitable.
Citations de Lacenaire (Victor Cochinat)
“ Pas un jour que sa main ne fabrique quelque faux. Le péril et la crainte ne sauraient l’ébranler ; c’est un délire, une joie sardonique. Mais au moins il s’arrêtera devant le meurtre !... Ses mains ne sont point encore souillées de sang !... Non, messieurs, il ne s’arrêtera pas, car le vol, le faux, tout cela mène au bagne ; eh bien ! le croiriez-vous, il préfère l’échafaud, et si la justice, car enfin il y a une justice, si la justice s’emparait de lui, il pourrait revendiquer la mort comme un droit irrécusable. L’assassinat de Chardon est résolu, consommé de sang-froid. ”
“ Pour les accusés, la chose est plus simple, on met le manteau d’une des victimes sur le sang qui a jailli de ses plaies ; on va aux Bains-Turcs, et tout est effacé. Puis on dîne, on se délasse aux Variétés des émotions de l’assassinat ; et Avril termine dans une maison de prostitution une journée si bien commencée, si bien remplie. Le lendemain, vous croyez peut-être que le crime se reposera ? Nous ne parlerons pas de remords, nous savons trop qu’il n’a point accès dans certaines âmes ; mais enfin le bras se fatigue, et l’on éprouve le besoin de faire au moins une halte dans le sang. ”
