Alexandre de Lamothe,
Le taureau des Vosges
(1872)
“ Le montagnard sentit que le sang l'aveuglait, mais, fort comme un taureau et tenace comme un boule-dogue, il se cramponna à la jambe de l'espion, tirant avec tant de rage qu'il brisa la courroie de l'étrier et désarçonna l'Allemand. Celui-ci n'avait pas lâché sa carabine; il espérait encore en frapper son ennemi; mais Conrad l'embrassant dans ses deux bras, l'écrasait en rugissant sur sa poitrine. — Grâce! grâce ! gémit l'espion. Le bûcheron serrait toujours, d'en bas on entendait les hurlements de l'espion, ses os craquaient sous l'étreinte, il poussait des clameurs pitoyables ”

