Résumé

Arthur Guillou Madame Hélène : à propos du divorce (1880)

Puis, se retournant vers Mme de Rocheville : « Je disais donc à madame que M. de Grandval m'avait écrit. Sa lettre était très alarmante ; il ne me parlait de rien moins que de sa fin prochaine. Est-il donc vrai qu'il soit si mal ?
– Oui, répondit Hélène d'un air distrait.
– Et madame croit qu'il va mourir ?
– Je crois qu'il est mort.
– O mon Dieu ! mon Dieu ! si jeune, est-ce malheureux ! Il a toujours été si délicat, et il se soignait si peu !... » Et la brave femme poursuivit ses doléances.
– Où l'avez vous donc connu ? » demanda
enfin Mme de Rocheville, moins par curiosité.
Source : Gallica

Arthur Guillou Madame Hélène : à propos du divorce (1880)

Elle ignorait, la trop naïve enfant, qu'il existe dans la création des êtres organisés de telle sorte, qu'ils ne tiennent aucun compte des dons de l'intelligence ni de ceux du coeur. Ceux-là recherchent uniquement des sensations nouvelles ; peu leur importe la tendresse et le dévouement d'une femme, quand ils ont épuisé tout ce qu'un brutal désir pouvait réclamer d'elle.
Lorsqu'à la violente surexcitation qui accompagne toujours un grand chagrin, succéda la période de calme, Hélène, comme toute âme brisée qui a besoin d'espérer encore, songea à Dieu.
Source : Gallica

Arthur Guillou Madame Hélène : à propos du divorce (1880)

Il dépensait toutes ses forces à satisfaire le côté intellectuel et artistique de son être. Enfin, l'occasion, plus encore que le temps, lui manqua-t-elle pour lui faire sentir que
l'homme n'est pas fait pour vivre uniquement par l'esprit ? Quoi qu'il en soit, il atteignit l'âge de trente-quatre ans, le coeur libre de tout attachement sérieux.
Hélène lui inspira dès l'abord une curiosité involontaire. Plus d'une fois il se surprit jetant un furtif regard sur ce visage expressif et rêveur qui, dans tout l'éclat de sa brillante jeunesse, portait déjà l'empreinte de la douleur.
Source : Gallica

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