Marie de L'Épinay

Résumé

Marie de L'Épinay Rosette. Tome 2 (1844)

Une expression de bonheur passa sur les traits dé la douce enfant. Hélas ! pourquoi alors n'osa-t-elle pas dire un mot, un seul mot qui vint révéler ce qui se passait dans son âme ! Mais Cécile, comme toujours, resta silencieuse, savourant intérieurement les jouissances que lui procurait cette légère faveur de M. de Monredon.
— N'avez-vous point dansé, Cécile? demanda Henri à la jeune femme.
Cette question banale, faite du ton le plus froid et le plus indifférent; au moment où le coeur de la pauvre Cécile s'épanouissait sous la présence de son mari, la glaça d'une douloureuse étreinte.
Source : Gallica

Marie de L'Épinay Rosette. Tome 2 (1844)

BERTHE.
D'ailleurs, Monsieur, vos interprétations malveillantes ne peuvent atteindre mon cousin; j'ai un fait irrécusable à opposer aux vôtres : je
suissans fortune et Alfred m'aimait,
HENRI.
Du moins il le disait.
BERTHE, avec une dignité concentrée.
Il faisait mieux que le dire, Monsieur, il le prouvait !
HENRI.
Mais je ne vois pas trop comment.
BERTHE.
Et n'est-ce donc rien que de suivre une femme en tous lieux, d'être partout, toujours à ses ordres ; au bois, au bal; de vouloir être le seul à l'accompagner; de ne danser, valser qu'avec elle?
Source : Gallica

Marie de L'Épinay Rosette. Tome 2 (1844)

Quoique, en retrouvant Berthe une femme accomplie, le comte eût senti un amour violent succéder au sentiment de tendresse paternelle qui l'avait jusqu'alors animé pour la jeune fille, son parti fut pris à l'instant. Fortune, beaux rêves d'avenir, espoir de jours riants, tout devait être sacrifié au bonheur de Berthe. Vous le savez, Madame, le coeur s'attache souvent bien plus par ce qu'il donne que par ce qu'il reçoit ; cette jolie petite fille dont l'enfance lui avait été confiée était restée pour Henri l'objet d'un culte.
Source : Gallica

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