Léon Barracand

Résumé

Léon Barracand Vicomtesse... (1890)

Tout en parlant, les yeux jetés de côté'sur Gilbert, elle cherchait à se rendre compte de l'effet de ses paroles. Et il y avait dans ce regard une curiosité vive, comme si elle eût voulu pénétrer jusqu'au fond de son cœur. Quant à lui, il ne répondait rien, marchait tête basse et réfléchissait. Il était en train de rapprocher ce qu'il entendait des questions que Pierre lui avait adressées en l'amenant à Mareuil, et un soupçon lui venait, celui d'une conspiration de Blanche et de son mari pour lui faire épouser Milo de Sainte-Sévère.
Source : Gallica

Léon Barracand Vicomtesse... (1890)

Je me laisse aller à tout vous dire, Monsieur Maujean!... Je m'en étonne moi- même... C'est sans doute que vous ne ressemblez pas aux autres, que vous êtes plus sérieux... et puis, le meilleur ami de Pierre, un ami loyal... sinon...
Et, avec un petit geste de menace comique, elle s'éloigna.
Gilbert en savait désormais plus qu'il n'aurait voulu. Ainsi, ils ne s'aimaient plus ; ils ne s'étaient peut-être jamais aimés! Et elle était renseignée, au moins en partie, sur la conduite de son mari; bien mieux: elle lui
pardonnait !
Source : Gallica

Léon Barracand Vicomtesse... (1890)

Elle lui prit la tête d'un mouvement ardent, l'appuya sur sa poitrine. Il souleva un peu le front. Leurs lèvres se cherchèrent et se joignirent.
Il pouvait donc la presser sur son cœur, l'étreindre, l'enlacer de ses caresses, cette femme si longtemps, si ardemment désirée! L'amour dont elle venait de faire l'aveu, plus grand qu'il ne l'avait jamais rêvé, centuplait sa propre tendresse. Il se sentait capable en ce moment de lui faire oublier tout ce qu'elle abandonnait pour lui, et ces
millions, et ce titre, et son monde, et il le lui disait.
Source : Gallica

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