“ Veille, encor revêtu d’une rugueuse écorce : Son œil est faux, son front est bas, sa jambe est torse, Mais il est vigoureux, sois-en sûr. Tout autour, Tamisant les rayons trop abondants du jour, Une charmille forme une agréable enceinte. ”
Charmille
Définition et enjeux
Une charmille désigne une allée ou une haie taillée en topiaire, souvent composée de charmes, offrant un espace ombragé. Ce motif, apprécié dans le jardinage, a inspiré de nombreux auteurs.
Valère Gille en évoque la beauté poétique, tandis qu’Octave Mirbeau souligne son rôle dans la délimitation des espaces naturels. La charmille du Haut-Marais, en Belgique, témoigne de son importance historique, avec ses 4 700 charmes formant un tunnel végétal de 573 mètres, classé parmi les plus longs de son pays.
Citations sur “charmille”
“ Et il donna le signal du départ, non sans avoir scrupuleusement examiné toute la pièce, du stylobate à la corniche et vérifié, même sous la table, qu’il ne s’y cachait pas la moindre araignée. Plantée sur toute la largeur du jardin, la charmille le bornait à l’ouest et donnait sur les cultures séparées de lui par un mur très ébréché et moussu, petit mur charmant que décorait naturellement une abondante flore saxatile. La charmille était vaste, droite, feuillue et très vieille, avec des bancs de pierre de loin en loin, entre les fûts des troncs. ”
La parfumerie française et l'art dans la présentation (1925)
“ Rien de plus gracieux que la boîte ronde qui enveloppe cette création. La charmille est ici ornée par en haut de feuilles et de baies d'une liane tombante, tandis que le bas voit croître quelques fleurettes blanches à cinq pétales parmi des touffes herbacées. Quel joli cadeau à faire ; même sans la charmille, il suffit d'être sous le charme. La fantaisie s'appuie sur la réalité, mais que d'échafaudages s'élèvent dans le domaine du rêve, avant que de prendre corps. Des formes si variées que l artiste conçoit dans son esprit, combien, à son tour, en réalise-t-il ? ”
Paul Féval, La Forêt de Rennes
“ Il prit sa course, impatient et inquiet ; car l’illusion avait grandi et il en était déjà à craindre une déception. À quelques pas de l’endroit où la charmille faisait un coude, il s’arrêta et glissa son regard à travers les branches. ”
Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Ces épis sont des festons longs comme le doigt, formés de feuilles roussâtres, entre lesquelles sont contenues des fruits pyramidaux, de quatre à cinq lignes de largeur à leur base, cannelés dans leur longueur, aplatis, ligneux, garnis d’une petite couronne. Ils renferment chacun une graine oblongue. Le charme sert à faire des aissieux & des formes. Le charme qu’on met en palissade s’appelle charmille. ”
Edmond Navarre, Sous la charmille, épisodes et récits dramatiques… (1886)
“ Ne charmerez-vous plus la nymphe et le satyre ? 246 SOUS LA CHARMILLE Ne suis-je plus pour toi, l'image du printemps, Grand-père ?... je le crains; cartes vers, mécontents Peut-être, ne font plus à mes nuits de doux rêves !... — Mignonne, n'en crois rien !... Tu restes l'idéal, Le flot phosphorescent illuminant mes grèves ; Va ! Nivose ne peut oublier Floréal ! ”
Edmond Navarre, Sous la charmille, épisodes et récits dramatiques… (1886)
“ Chère madame, on me demande, Ce que j'aime et désire en vous ; Est-ce votre bouche moins grande Que vos yeux aux regards si doux ? Est-ce votre divin sourire, Qui me met sens dessus dessous? Est-ce... mais je n'ose le dire, Ce que l'on réclame à genoux?... 152 SOUS LA CHARMILLE C'est ce que donne l'amour même, En dépit d'un jaloux !... surtout C'est ce que dit l'aveu : je t'aime ! Madame, eh bien ! de vous, c'est... tout ! ! ”
Edmond Navarre, Sous la charmille, épisodes et récits dramatiques… (1886)
“ Pipeaux chers au dieu Pan, flûtes au jonc sonore, Apprêtez vos chants les plus doux ; Je veux ce soir rendre jaloux Le luth ionien qu'à Lesbos on honore, Et qu'on écoutait à genoux. 70 SOUS LA CHARMILLE Soyez mélodieux comme un lever d'aurore, Quand l'amour chante dans les nids ; Quand la mère avec ses petits, Pillant champs et buissons, sur chaque brin picore, Mourons, vermisseaux, chènevis. Soyez étincelants comme un côteau que dore Le premier rayon de soleil ; Soyez purs comme le sommeil D'un enfant que sa mère en chantant berce encore ; Comme son sourire vermeil ! ”
Edmond Navarre, Sous la charmille, épisodes et récits dramatiques… (1886)
“ Cher enfant, je veux dès ce soir, Trouvant ma muse peu rebelle, Te ciseler quelque nouvelle, Strophe, sonnet ou villanelle, Purs comme parfums d'encensoir ! Je veux quand je viendrai m'asseoir Près de ton berceau de dentelle, T'abriter comme de son aile, Ferait l'ange gardien fidèle, Caché sous ton blanc reposoir !... 252 SOUS LA CHARMILLE Si nous avions encor des fées, De rayons de lune coiffées, Aux tuniques d'or agrafées, D'étoiles prises dans les cieux ; Je leur dirais tout radieux : " Un petit ange vient de naître, " Et dans notre ciel apparaître ”
“ Le jardin nu m’étonna : le paulownia y révélait une ossature tourmentée, les marronniers levaient des bras transis, les arbustes semblaient des balais de brande, la haie, un treillis épineux. Les groseillers se mouraient, près de la fontaine qui dégelait, goutte à goutte, au soleil rose. La charmille n’était plus un abri, et laissait voir, bouchons de paille mouillée, les nids insoupçonnés aux dernières vacances. Seules, les bordures de buis restaient vertes, et, sur le mur bas, la toison de lierre se chargeait d’étranges raisins. ”
Edmond Navarre, Sous la charmille, épisodes et récits dramatiques… (1886)
“ Non ! lui répond une voix douce, Celle du coeur :... « Ne vas plus loin; « Vers l'inconnu qui donc te pousse ? « De tant courir est-il besoin ? 184 SOUS LA CHARMILLE " Toute fleur est un beau poème, « Que Dieu publie en sa saison ;... « Ton bouquet saura dire : J'aime ! « Et sans quatrain aura raison. » ”
Julia Daudet,
Au bord des Terrasses
“ LES CHARMILLES DE CHARMELes charmilles de charme, au début de l’automne, Semblent un treillis clair semé de pièces d’or, Un bois mystérieux dont le regard s’étonne, Comme un rêve, flottant, léger comme un décor. On marche sur un sol ouaté de feuilles mortes. ”
Arsène Houssaye,
Les Charmeresses
(1878)
“ « Eh bien! Richard,te voilà encore au fond des. bois! » Mon père avait bien trouvé l'image. Vuyez-vous dans la gorge cette charmille touffue? Je n'y ai ja_mais passé sans me souvenir de mes premiers songes; plus tard, je n'ai jamais rêvé d'amour sans Toir cette charmille : il y a de belles draperies de 'Verdure, des fleurs qui vous embaument, un petit ruisseau qui coule dans l'oseraie, des bouvreuilsqui chantent gaiement : c'est un vrai niil d'amoureux. » Un dimanche donc je suivis mon père à la fête d'Origny. Il faisait le plus beau temps du monde. ”
“ C'est ainsi que la nuit se passa. La reine, qui voulait engager le roi Charmant par tous les témoignages qu'elle pourrait lui donner de son attention, lui envoya des habits d'une richesse et d'une magnificence sans pareille, faits à la mode du pays, et l'ordre des chevaliers d'Amour, qu'elle avait obligé le roi d'instituer le jour de leurs noces. C'était un coeur d'or émaillé de couleur de feu, entouré de plusieurs flèches, et percé d'une, avec ces mots: Une seule me blesse. La reine avait fait tailler pour Charmant un coeur d'un rubis gros comme un oeuf d'autruche ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Les louanges adressées à madame d’Harville par l’ambassadrice n’étaient pas exagérées. Rien ne saurait donner une idée de cette figure enchanteresse, où s’épanouissait alors toute la fleur d’une délicate beauté ; beauté d’autant plus rare qu’elle résidait moins encore dans la régularité des traits que dans le charme inexprimable de la physionomie de la marquise, dont le charmant visage se voilait, pour ainsi dire, modestement sous une touchante expression de bonté. ”
William Shakespeare,
Antoine et Cléopâtre
“ Le devin. Vous aimerez plus que vous ne serez aimée. Charmiane. J’aimerais mieux m’échauffer le foie avec le vin. Alexas. Allons, écoutez. Charmiane. Voyons, maintenant, quelque bonne aventure ; que j’épouse trois rois dans une matinée, que je devienne veuve de tous trois, que j’aie à cinquante ans un fils auquel Hérode [4] de Judée rende hommage. Trouve-moi un moyen de me marier avec Octave César, et de marcher l’égale de ma maîtresse. Le devin. Vous survivrez à la reine que vous servez. Charmiane. Oh ! merveilleux ! J’aime bien mieux une longue vie que des figues [5] . ”
Victor Hugo,
Oeuvres illustrées, de Victor Hugo…
“ «Djali, reprit la jeune fille enhardie par le succès croissant, comment prêche maître Jacques Charmolue, procureur du roi en cour d'église?»La chèvre prit séance sur son derrière, et se mit à bêler, en agitant ses pattes de devant d'une si étrange façon que, hormis le mauvais français et le mauvais latin, geste, accent, attitude, tout Jacques Charmolue y était.Et la foule d'applaudir de plus belle.«Sacrilège! profanation!» reprit la voix de l'homme chauve. ”
William Shakespeare,
Antoine et Cléopâtre
“ Charmiane. Et si vous aviez un pouce de bonne fortune de plus que moi, où le choisiriez-vous ? Iras. Ce ne serait pas au nez de mon mari. Charmiane. Que le ciel corrige nos mauvaises pensées ! — Alexas ! allons, sa bonne aventure, à lui, sa bonne aventure. Oh ! qu’il épouse une femme qui ne puisse pas marcher. Douce Isis [7] , je t’en supplie, que cette femme meure ! et alors donne-lui-en une pire encore, et après celle-là d’autres toujours plus méchantes, jusqu’à ce que la pire de toutes le conduise en riant à sa tombe, cinquante fois déshonoré. ”
George Sand,
Théâtre de Nohant
“ BACTIS, a Chrémyle. Cet étranger semble ignorer ce que tu veux cacher. Il insiste pour que tu l’écoutes. CHRÉMYLE. Allons, qu’il vienne ! (À part.) Je me méfierai ; oui, oui, à présent, il faut se méfier de tout le monde. (Mercure approche, Bactis sort.) Scène VI CHRÉMYLE, MERCURE, sous le déguisement d’un héraut.MERCURE. Riche et vénérable cultivateur... CHRÉMYLE. Vénérable, je ne dis pas non ; mais riche, vous vous trompez l’ami : je ne suis pas riche. MERCURE, familier. Alors, mon pauvre homme... CHRÉMYLE, piqué. Par la sibylle, je ne suis pas non plus pauvre ! ”
Victor Hugo,
Oeuvres illustrées, de Victor Hugo…
“ Jacques Charmolue le fit tout à fait revenir au sentiment de la réalité, en lui adressant cette question : — Or çà, mon maître, quand viendrez-vous m’aider à faire de l’or ? Il me tarde de réussir. L’archidiacre hocha la tête avec un sourire amer. — Maître Jacques, lisez Michel Psellus, Dialogus de energia et operatione dæmonum. Ce que nous faisons n’est pas tout à fait innocent. — Plus bas, maître ! je m’en doute, dit Charmolue. Mais il faut bien faire un peu d’hermétique quand on n’est que procureur du roi en cour d’église, à trente écus tournois par an. Seulement parlons bas. ”
George Sand,
À propos des Charmettes
“ Voyageurs, allez aux Charmettes, n’écrivez rien sur le livret, cueillez un brin de pervenche, et ne voyez là que les ombres de Jean-Jacques et de la belle Louise, se promenant tête à tête dans un des plus beaux pays du monde, ne songeant plus guère à Claude Anet, ne songeant pas encore à Vintzenried, enfin ne prévoyant ni Thérèse, ni la gloire, ni la misère, ni la persécution, ni les curieux, ni les ingrats, ni les insulteurs. ”
William Shakespeare,
Antoine et Cléopâtre
“ Resterai-je dans ce monde insipide, qui, sans toi, n’est plus qu’un bourbier fangeux. — Ô mes femmes, voyez ! Le roi de la terre s’anéantit... Mon seigneur !... Oui, le laurier de la guerre est flétri ; la colonne des guerriers est renversée. Désormais les enfants et les filles timides marcheront de pair avec les hommes. Les prodiges sont finis, et après Antoine il ne reste plus rien de remarquable sous la clarté de la lune. (Elle s’évanouit.) Charmiane. Ah ! calmez-vous, madame. Iras. Elle est morte aussi, notre maîtresse. Charmiane. Reine... Iras. Madame... ”
Plaute,
Comédies de Plaute, traduction de E. Sommer
“ Stasime, l’esclave de Lesbonicus, est venu me trouver tout à l’heure ; il m’a annoncé le retour de Charmide son maître. Je vais aller le trouver bien vite, car tout ce dont je suis convenu avec le fils doit être ratifié par le père. Allons ; mais le bruit de cette porte qui s’ouvre m’arrête bien mal à propos. SCENE II. — CHARMIDE, CALLICLES, LYSITELES. CHARMIDE. On n’a pas vu, on ne verra jamais, et à mon avis il n’y a pas sur la terre entière un homme qui vous égale pour la probité et la fidélité envers un ami. Sans vous il [6] me mettait hors de ma maison. ”
Sophie Pannier, Un Secret dans le mariage, par Mme Sophie Pannier… (1844)
“ Dieu me garde, mon cher enfant, d'altérer les nobles idées que vos parens vous ont données. Il se peut que, moins sévère que vous dans ma manière d'envisager les faiblesses humaines, j'aie fait à tort de madame de Charmançay une héroïne de roman. Nous inclinons toujours, nous autres femmes, à voir de l'amour partout où nous apercevons du mystère ou de la douleur... ”
Gaston Lèbre, Le Mahatma (1888)
“ Violante, vous ne voyez pas ? En petit costume simple, de grosse laine bleu sombre, Charmerose toute blonde, toute blanche, triste, amaigrie, était assise entre une femme, défigurée par une fluxion, et un grand jeune homme en blouse, espèce d'hercule, dont la face, couleur paille, révélait une affection cancéreuse. Malgré ses vêtements larges, cachant l'adorable ligne onduleuse du corps, malgré sa coiffure, dissimulant, en une torsade trop serrée, l'abondance fauve des cheveux, Charmerose gardait sa vénusté ”
Hippolyte Buffenoir,
Le prestige de Jean-Jacques Rousseau…
(1909)
“ Telle est en quelques mots l'histoire des Charmettes. Telle est leur séduction, leur magie ; telle est la délicieuse affinité qu'elles possèdent avec les vœux secrets de notre âme, avec le souhait brûlant que nous formons au seuil de la vingtième année, et qui souvent revient nous tenter au milieu des luttes de l'existence. Imaginez l'état d'âme d'un jeune homme bien doué, qui, le cœur gonflé d'espoir, se présente sur la scène du monde et vient prendre sa place au. milieu de la société. ”
O. V. de L. Milosz,
L'Amoureuse Initiation
(1910)
“ Me boudera-t-elle ? Ah, si seulement elle daignait soupçonner un tantinet ma vertu, me témoigner un peu de dépit jaloux ! Quelle serait ma joie, quel serait mon triomphe ! J’étudiais les contours extravagants de mon ombre sur le vitrail changeant du clair de lune, je me composais de diverses façons ; et c’étaient des airs de prince Charmant, et c’étaient des minauderies sataniques... Oui, c’est cela ; voilà : c’est d’un air dégagé et le sourire aux lèvres que je me veux tantôt présenter chez ma belle. ”
J. J. Grandville, Les fleurs animées - Tome 1
“ La reine alla jusqu’à menacer son fils de sa malédiction. Alors le prince Charmant se roula par terre à son tour, déchira 170 ses poils follets, mit son cafetan en lambeaux, et déclara que puisqu’on lui refusait celle qu’il aimait, il prenait la résolution immuable de mourir de consomption avant six mois.—Non, mon fils, non, tu ne mourras pas! s’écria la reine éperdue; conserve-toi à notre amour et à l’admiration de tes peuples. Allez, Olifour, allez chercher Chevrette; je veux que mon fils l’épouse à l’instant. ”
L. Vitet, Pindare et l’Art grec
“ Une heureuse et savante expression de sentimens à peine antiques, c’est-à-dire de ces sentimens qui sont de tous les temps et de tous les climats, révélations vivantes, mais générales, de la nature humaine, fonds commun obligé de toute poésie, voilà ce qui les charma, ce qui leur sembla la véritable gloire de la lyre hellénique. ”
Carmontelle,
Proverbes dramatiques
“ La MARQUISE. Si je pouvois justifier sa conduite avec moi, ne l’aurois-je pas déjà fait ; mais sa froideur, son peu d’empressement, tout m’a fait craindre le malheur qui m’arrive ; non, le Comte ne m’aime plus. JULIE. Mais, Madame, je ne vois pas où est la froideur dont vous l’accusez. La MARQUISE. Tu n’as pas remarqué qu’il est moins occupé de moi, qu’il est rêveur, distrait, contraint ; est-ce là de l’amour ? JULIE. Il est sûr de votre cœur ; les hommes, quelquefois, veulent être tourmentés, & si vous vouliez lui donner un peu de jalousie... ”
Guillaume-Thomas Raynal,
Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux…
“ La sérénité de leur âme se peignoit sur tous leurs traits, dans tous leurs regards ; & une gaieté douce animoit toujours leur conversation. La poésie rimée les charmoit ; & rarement parloient-ils même dans les affaires les plus sérieuses, autrement qu’en vers. ”
George Sand,
Œuvres illustrées de George Sand…
“ La Charmois est capable de tout, mets-toi à même de la faire taire et de te justifier auprès de ta jeune maîtresse. Écoute, Jeanne, on dit que l’Anglais aussi te fait la cour, et que la preuve de ton ambition, c’est ta coquetterie et ta sévérité avec lui, qui l’ont décidé enfin à vouloir t’épouser. ”
Charles Yriarte,
Nouveaux portraits parisiens
(1869)
“ LA CHARMEUSE Un homme d'esprit, un soir de bal masqué, l'a baptisée La Charmeuse. Elle est blanche et pâle , avec de grands yeux menteurs légèrement cerclés d'un ton bleuâtre ; ses cheveux sont célèbres, cheveux d'un autre âge qui ont défié les dernières fantaisies de la mode et, contre tout sentiment d'un progrès (qui est une décadence) , cachent encore ses oreilles à moitié, comme si on était resté au temps des manches pagodes. — C'est si étrange qu'on dirait un vœu ou une protes- tation, mais, au fond, réfléchissez bien, et vous verrez que c'est une spéculation spirituelle. ”
