Hippolyte Buffenoir

Hippolyte Buffenoir

Résumé

Portrait de Hippolyte Buffenoir Hippolyte Buffenoir Le prestige de Jean-Jacques Rousseau… (1909)

« Tel est sur le cœur humain l'empire du vrai : il enchaîne, il transporte, il enlève, il ravit; vous n'êtes plus vous-même, mais tout ce qu'il plaît au poète, au philosophe, à l'écrivain de faire de vous. »
Quelle âme de feu! Ah! je comprends qu'elle ait enflammé toute la Gironde, l'admirable Vergniaud, le brave Barbaroux, l'intrépide François Buzot, Gensonné, Fonfrède, les 22, et combien d'autres! Ils l'aimaient tous : qui ne l'aurait aimée? Son pauvre mari l'adorait, il ne put lui survivre, et quand il apprit sa mort, il se perça le sein, comme un stoïcien de Sparte.
Source : Gallica

Portrait de Hippolyte Buffenoir Hippolyte Buffenoir Le prestige de Jean-Jacques Rousseau… (1909)

Les amants songèrent à émigrer.
« Le printemps », dit Rousseau, « que j'avais cru ne pas revoir, étant proche, je m'assortis de quelques livres pour les Charmettes, en cas que j'eusse le bonheur d'y retourner. J'eus ce bonheur et j'en profitai. La joie avec laquelle je vis les premiers bourgeons est inexprimable. Revoir le printemps était pour moi ressusciter en paradis. A peine les neiges commençaient à fondre que nous quittâmes notre cachot, et nous fûmes assez tôt aux Charmettes pour y avoir les prémices du rossignol. »
Le printemps, l'été s'écoulèrent dans une félicité parfaite.
Source : Gallica

Portrait de Hippolyte Buffenoir Hippolyte Buffenoir Le prestige de Jean-Jacques Rousseau… (1909)

Plus d'une fois, on m'a demandé d'écrire une étude sur ces Charmettes fameuses. Je me hâtais peu de le faire. Il est doux de se complaire, seul, dans un souvenir, une émotion lointaine cachée au fond de l'être. L'âme y puise une chaleur féconde, une joie mystérieuse qui n'a pas besoin de confidents, qui les redoute même et les éloigne.
Au milieu des foules banales, des hommes tumultueux et vains, qui forment l'insuffisante société, le philosophe, réfugié dans la Nature, se plaît à porter en lui une solitude inviolée qui le console et l'enorgueillit; c'est là sa force irréductible.
Source : Gallica

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