Hippolyte Buffenoir,
Les beaux jours de la vie : poésies complètes…
(1914)
“ Plus l'angoisse fut grande, et plus notre allégresse A de force et d'ardeur ; plus long fut le tourment, Et plus âpre est la joie, et plus douce est l'ivresse De l'amante qui vient au devant de l'amant ! Loi terrible et cruelle ! Étranges destinées ! Il faut avoir souffert, pleuré, longtemps gémi ; Il faut avoir connu les pesantes journées, Avec la mort dans l'âme il faut s'être endormi, Pour sentir tout le prix d'un cœur qui s'abandonne, Pour goûter le délice adoré des aveux, Pour entrevoir le ciel, quand la femme se donne, Et déroule en tremblant le flot de ses cheveux ! ”

