Résumé

Henri Beaudouin La Vie et les oeuvres de Jean-Jacques Rousseau… (1891)

Mme d'Houdetot à Rousseau, été de 1757.
Ce n'est pas que Jean-Jacques lui-même n'ait eu ses scrupules. « Mes mœurs, mes sentiments, mes principes, la honte, l'infidélité, le crime, l'abus d'un dépôt confié par l'amitié, le ridicule enfin de brûler à mon âge de la passion la plus extravagante pour un objet dont le cœur préoccupé ne pouvait ni me rendre aucun retour, ni me laisser aucun espoir ; » Hélas ! pourquoi se donne-t-il la peine d'accumuler toutes ces raisons? Ne savait-il pas par expérience qu'il était d'avance destiné à être vaincu? Est-ce qu'il a jamais su résister à une passion ?
Source : Gallica

Henri Beaudouin La Vie et les oeuvres de Jean-Jacques Rousseau… (1891)

Cette vie, dont l'état sauvage ne saurait donner une idée et qui ne peut être comparée qu'à celle des animaux, est l'objet des prédilections et des phrases les plus éloquentes de Rousseau. Ce sont les tableaux les plus séduisants de la simplicité, de la paix, du bonheur de ces êtres qui n'ont pas encore été courbés sous le joug de la société, de la justice et du droit. Comme la liberté dont ils jouissent est complète ! Dans l'isolement où ils se trouvent, l'oppression n'est pas même possible, faute d'avoir quelqu'un sur qui s'exercer.
Source : Gallica

Henri Beaudouin La Vie et les oeuvres de Jean-Jacques Rousseau… (1891)

Par une réaction qui n'a rien de bien étonnant, ce siècle si raffiné, si esclave du convenu, se prit d'une belle passion pour la nature, pour les mœurs champêtres, même pour l'état sauvage. On ne parlait que des sentiments de la nature, de l'innocence des premiers âges ; on déifiait les passions, qui sont la voix de la nature. Ne sachant pas bien ce que c'était que l'homme de la nature, on l'inventa, et l'on imagina l'homme abstrait, sorte d'être universel, sans réalité et sans vie, qui, en fait, n'a jamais existé.
Source : Gallica

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