Résumé

Louis Ducros Jean-Jacques Rousseau : de Genève à l'Hermitage… (1908)

La seconde idée, non, sans doute, et pas plus que la première, inventée, mais lancée dans le monde, toute vibrante et frémissante des fureurs de sa colère et de ses rancunes, par l'auteur du second Discours, c'est l'idée que les hommes sont égaux. Cette idée devait avoir, on le sait de reste, une portée incalculable. S'il est vrai que le fond du socialisme, c'est l'idée d'égalité, comme l'affirme l'éminent auteur du « Socialisme, en 1907 », alors le premier et le plus authentique ancêtre du socialisme, c'est bien Jean-Jacques Rousseau.
Source : Gallica

Louis Ducros Jean-Jacques Rousseau : de Genève à l'Hermitage… (1908)

L'homme bon, les hommes gâtés par la société : c'est Rousseau né bon, se sentant et se proclamant tel malgré ses chutes, et imputant celles-ci à la société qui l'a fait déchoir ; mais la bonté native subsiste si bien en lui que personne « n'oserait dire qu'il est meilleur que lui ». Les orages de la vie et la corruption sociale ont défiguré Glaucus et le font méconnaître de ses semblables ; mais sa nature étant au fond restée la même, Glaucus, lui, se reconnaît et se retrouve à travers toutes ses souillures, et il sait bien qu'il est un dieu!
Source : Gallica

Louis Ducros Jean-Jacques Rousseau : de Genève à l'Hermitage… (1908)

Il est, lui, parmi les pauvres, et, de plus, il n'est pas de ces pauvres qui se résignent : se résigner ! il ne le peut pas, parce qu'il y a trop de disproportion entre son génie et sa pauvreté et que cette disproportion est une iniquité. Et il ne le peut pas encore parce qu'il est un passionné et un vaniteux, et parce que, de toutes les blessures d'amour-propre que lui a faites cette inégalité choquante, entre son mérite et sa fortune, est né en lui un sentiment, que n'ont connu ni Diderot, ni Grimln, ni Voltaire : la haine du riche.
Source : Gallica

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