Résumé

Portrait de Julia Daudet Julia Daudet Au bord des Terrasses

Et c’est d’entre les morts que cette ressemblance,
En mirage trompeur, poursuit mon souvenir.
Non parmi les plus chers que je sais retenir,
Dans une inséparable et muette présence.
Mais ceux-là dont la vie a peuplé le chemin,
Rencontres d’une fête, ou de moindre aperçue
Dont j’ai connu le nom, dont j’ai serré la main.
Triomphants, ou portant quelque mine déçue,
Regardés à l’instant qu’ils dominaient le flot,
Puis retombés dans le naufrage et la tempête,
Ressurgissent portés au hasard d’un îlot,
Dans ces courants humains dont une rue est faite.
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Portrait de Julia Daudet Julia Daudet Au bord des Terrasses

Ces anges, qui n’avaient que la tête et les ailes,
Pourraient jamais marcher s’ils descendaient sur terre,
Exilés un moment des sphères éternelles.
Blancheurs de ma mémoire, où l’orgue chante encore,
Où les coups de serpent succèdent à la cloche ;
L’odeur du pain bénit, l’encens qui s’évapore
Se mêlaient aux tiédeurs de midi qui s’approche ;
On sortait sur la place, et les tilleuls en dôme,
Tout bourdonnants alors de souffles et d’abeilles,
Frais au creux de leur ombre, enveloppés d’arôme,
Semblaient continuer la messe et ses merveilles !
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Portrait de Julia Daudet Julia Daudet Au bord des Terrasses

La pensée est active et se limite aux choses,
Elle admire le calme et la beauté des champs,
Se plaît au mouvement de leurs métamorphoses.
Mais les rayons tombants entraînent avec eux,
Vers la terre assombrie, un fluide où tout penche,
Aussi bien notre esprit soudain vague et peureux
Que l’oiseau qui se tait et fait plier la branche,
Que l’air plus lourd, parmi les taillis plus ombreux.
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