Mme Alphonse Daudet

Résumé

Mme Alphonse Daudet Revue des Deux Mondes

Elle fait sans fléchir son long chemin de croix,
Ses genoux ramassés sous sa jupe de laine.
Mais que l’église est grande en son pieux parcours,
Et que l’autel est loin pour sa brève prière !
Qui l’entendra montant aux colonnes de pierre,
Si Dieu ne la reçoit, d’où viendra le secours,
A l’angoisse qui tient son âme tout entière ?
La haute nef a trop de cierges allumés,
L’orgue est comme un tonnerre, et la Vierge Marie,
Comme une reine, a des colliers en pierreries.
Son bel enfant, un globe entre ses bras fermés,
N’est plus le doux Jésus que l’on aime et qu’on prie !
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Mme Alphonse Daudet Revue des Deux Mondes

Voici les bancs de chêne où traînent les missels,
Car chacun tient toujours même place à l’église ;
Et la chaire à prêcher, à la tournante frise,
Faite de fleurs, d’oiseaux, d’arbres essentiels
Où des anges volans s’entrevoient par surprise.
Le cimetière aussi ; c’est par là que l’on vient,
En côtoyant ses morts, à Dieu qui vous appelle.
Les croix font le sentier de la vieille chapelle,
Les tombes, les bouquets ; on pleure, on se souvient :
Et l’heure de la messe en est plus solennelle !
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