“ Déboucher en auto sur quelque hauteur et, d’un regard qui plonge, voir pour la première fois la ville de Rouen dans le creux, c’est, pour les plus insensibles, éprouver une espèce de frisson. De l’écriture gothique de sa Cathédrale aux modernes pattes de mouche de son pont à transbordeur, Rouen s’inscrit sur les brouillards bleutés de la Seine comme une belle calligraphie. ”
Rouen
Définition et enjeux
Rouen, commune française et chef-lieu de la région Normandie, est une ville marquée par son histoire politique, économique et culturelle. Ancienne capitale du duché de Normandie, elle a vu se développer des industries textiles et a accueilli des personnalités emblématiques comme Jeanne d'Arc. Ses monuments, tels que la cathédrale Notre-Dame, en font une « ville aux Cent Clochers ».
Les écrivains, comme Lucie Delarue-Mardrus qui célèbre sa calligraphie urbaine ou Jules Janin qui évoque ses rues pittoresques, ont souligné son charme architectural et son héritage médiéval. Cette synergie entre passé et modernité en fait un centre culturel majeur, reconnu pour son patrimoine et son rôle économique.
Citations sur “Rouen”
Eugénie Casanova, Heures de poésie (1903)
“ Rouen, la vieille ville aujourd'hui rajeunie, Rouen, qui porte au coeur en un grand souvenir Des noms toujours fameux, noms chers à l'avenir, Où Corneille en mourant a laissé son génie !... Car c'est là qu'il puisa la céleste harmonie, C'est là qu'il faut chercher ce qui ne peut mentir, Ce qu'il nous a montré, ce qui ne peut périr, Des sentiments humains la grandeur infinie !... ”
Gustave Planche,
Revue des Deux Mondes
“ La vue de Rouen recevra de nombreux suffrages ; l’habile combinaison des lignes, l’immensité de la perspective, la forme heureuse et vraie des dunes, la solidité des premiers plans, la pâte légère et floconneuse du ciel, ne laissent rien à désirer. Un paysage tout entier d’invention, un effet de soir, de l’eau sur le bord du cadre, au second plan un bouquet d’arbre, et au fond les ruines rouillées d’une abbaye, valent mieux encore. ”
G. Bruno,
Le Tour de la France par deux enfants
“ Rouen, qui a plus de 116.000 habitants, est une grande ville laborieuse, pleine d’usines, de machines et de travailleurs. Elle file à elle seule trente millions de kilogrammes de coton, chaque année, dans ses vastes filatures où la vapeur met en mouvement des milliers de bobines. Le fil fait, on le teint de toutes nuances, en le plongeant dans des cuves où sont les couleurs ; les teintureries de Rouen sont, avec celles de Lyon, les plus renommées de France. Et Rouen n’est pas seule à bien travailler en Normandie. ”
Octave Mirbeau,
La Vache tachetée
“ Je pensai tout de suite que j’aurais bien dû rester à Rouen, au lieu de courir la chance d’un paysage envahi par tant de drapiers et de cotonniers. Rouen est une ville admirable, et qu’on ne se lasse jamais d’admirer, bien qu’elle ait été déjà fort endommagée par la truelle moderne. ”
Joseph-Alexis Walsh,
Souvenirs et impressions de voyage
(1842)
“ Il Rouen est laid, mais Rouen est aimé des artistes et des hommes de goût. Dans sa laideur, la vieille cité a mille attraits; des hauts lieux qui l'abritent comme un paravent bariolu d'arbres et de villages, elle est magnifique à regarder. ”
Henri Guerlin, Aux pays de la prière (1911)
“ NOTRE-DAME DE BON-SECOURS Si Rouen est incontestablement une des plus belles et des plus curieuses villes de France, la campagne qui l'entoure est l'une des plus pittoresques qui se puisse voir, en même temps qu'elle est une des plus fertiles. On peut s'y complaire parmi la fécondité reposante des végétations plantureuses, des prairies veloutées pleines de troupeaux pacifiques. On peut y goûter aussi la joie plus sévère des sites abrupts, des rochers âpres, des falaises hautaines qui semblent attendre et défier la montée prochaine du flot. ”
“ Toute la ville dormait à l’ombre de sa cathédrale. Vue ainsi dans la nuit, Rouen est une ville pittoresque ; chaque maison de la vieille cité conserve dans l’ombre favorable sa physionomie particulière. Aimez-vous les fenêtres étroites destinées à protéger les mystères de la famille ? aimez-vous le vieux toit domestique qui s’avance bénévolement dans la rue comme pour protéger l’étranger qui passe ? aimez-vous ces murailles lézardées par le temps qui ont abrité au dedans tant de générations évanouies, qui ont vu s’accomplir au dehors tant de révolutions oubliées ? ”
“ Une cathédrale à jour d’un côté, une assiette à fleurs de l’autre, et toute la gamme de l’architecture et des arts à parcourir entre les deux, c’est Rouen. Les savants livres de Camille Enlart et de Pierre Chirol sont là pour détailler et commenter tout cela. Celui du Docteur Hélot sur les faïences est prêt à paraître. Certes, Rouen est une ville riche ! Si riche qu’elle a pu, lors de la vague de démolitions, perdre huit vieilles églises sans en mourir et voir, tout dernièrement, disparaître Saint-Nicaise dans les flammes et n’en être pas défigurée. ”
Amédée Fraigneau, Rouen Bizarre
“ Et voici que le bruit des crins-crins se mêle au son des cloches de Rouen, dont le vacarme arrive diffus, et voici que des groupes nombreux sillonnent la longue avenue. Ce sont presque tous des ouvriers, des marchands des rues, des crieurs des quatre-saisons ou des vendeurs de poissons. ”
“ Le pont à transbordeur de Rouen, outre son utilité, devient comme la cathédrale de la vie mécanique, et sa silhouette traversée d’air s’ajoute aux découpures ajourées du vieux temps pour meubler à son tour l’espace pâle où s’étend la belle capitale normande. ”
Louis Müller, Autour de Rouen (1890)
“ Mais il décrit des courbes si capricieuses que, par deux points différents, il est aisé de faire, de Rouen et sans trop de difficultés, deux excellentes excursions sur ses bords fleuris, l'une à Vascoeuil, l'autre à Pont-Saint-Pierre et Radepont. Nulle part peut-être, en Normandie, le Moyen-Age et la Renaissance n'ont laissé plus de souvenirs, plus d'intéressants vestiges que dans cette vallée, dont les beautés naturelles sont déjà si grandes par elles-mêmes. ”
Colette Yver,
Revue des Deux Mondes
“ L’âme rouennaise, une fois troublée, une fois émue, laisse vite apercevoir les ressources cordiales dont elle est si jalouse, qu’elle ignore souvent. Lorsqu’on vit à Rouen arriver ces uniformes kakhi si peu militaires pour l’œil habitué aux couleurs brillantes de nos troupes, les bras se tendirent, on jeta des fleurs et des baisers, le sentiment si doux, si profond de l’alliance des patries envahit, força les cœurs. Les Anglais étaient l’appui, la force amie, les loyaux auxiliaires : le Rouennais sagace et avisé ne pouvait le méconnaître. ”
Gustave Flaubert,
Correspondance de Gustave Flaubert
“ Paris n’est pas plus favorisé que Rouen sous le rapport du chemin de fer et, si tu t’ennuies d’en entendre parler, tu es tout à fait comme moi. Il est impossible d’entrer n’importe ou sans qu’on entende des gens qui disent : Ah ! je m’en vais à Rouen ! Je viens de Rouen ! irez-vous à Rouen ? ”
“ Je n’ai donc vu la ville de Rouen qu’à la clarté de la lune, et je l’ai vue très-calme, très-belle, très-vieille et respectable. Dans le jour la ville de Rouen est une ville qui ressemble à toutes les villes où il faut acheter la vie par son travail, où chacun est attaché à sa tâche, ville semblable à toutes les villes qui vivent à la sueur de leurs fronts et du travail de leurs mains. ”
Constant de Tours, De Paris à la mer : voyage d'un petit Parisien (1898)
“ Déjà nous atteignons les îles derrière lesquelles Rouen va disparaître à nos yeux. Alors la ville s'offre tout entière dans un magnifique panorama : la couronne de collines que domine Bon-Secours La Seine vue de la montée de la Bouille. forme le fond du tableau ; les quais, les ponts encadrent et découpent le fleuve qui roule ses eaux paisibles ; les nombreux mâts du port, les tours, les clochers de la vieille cité sont autant d'aiguilles hardies ou gracieuses qui coupent de toutes parts le ciel et l'horizon. Bientôt nous ne voyons plus que la pointe de la flèche de Notre-Dame. ”
Jules Levallois,
Autour de Paris. Promenades historiques…
(1884)
“ Avant de nous engager sous bois, jetons un coup d'œil rapide sur le vallon. Lorsque nous irons à Rouen, je te montrerai à la bibliothèque de la ville les belles estampes de Madeleine Hortemels, qui représentent Port-Royal vu de tous les côtés. Donne carrière à ton imagination si tu en as, relève l'église, les cloîtres, les fermes, une enceinte immense, flanquée de tours, de petits hôtels, des chaumières, des cahutes primitives, se groupant autour du monastère. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo En voyage…
“ Il y avait un singe dans le bateau, ce qui fait que personne n’a regardé Jumièges. La sortie de Rouen est magnifique. On longe une série de quinze à vingt énormes collines qui s’enchaînent comme des vertèbres. Tout ce chemin par eau jusqu’à Elbeuf est merveilleux. Il y a ici deux églises, Saint-Jean et Saint-Étienne, fort dégradées. ”
“ Lorsqu’on y réfléchit, c’est également la Seine et son trafic qui, nouveau plésiosaure, enfanta la Cathédrale, puisque cathédrale signifie ville capitale, donc richesse, commerce, rayonnement artistique et industriel, tout ce qui fait la destinée des cités majuscules. Car Rouen est le port le plus important de France. Mais ses habitants eux-mêmes n’ont pas l’air de le savoir tout à fait. Ne pas s’étonner de cette méconnaissance, peut-être plus dangereuse que la vanité. Rouen prospère sans discontinuer, et ne s’en vante pas. ”
Louis Müller, Autour de Rouen (1890)
“ S'il est, en amont de Rouen, une localité qui puisse rivaliser avec Saint-Adrien pour le charme des environs et la beauté des sites, c'est le Port-Saint-Ouen. Le fleuve y est très large et parsemé d'une quantité d'îles auxquelles les roseaux et les saules font une ceinture que l'été brode des vives couleurs de la flore des eaux. Rien d'exquis, rien qui repose les yeux et rafraîchisse l'esprit comme une promenade en avril et mai à l'un des petits pays compris entre Elbeuf et La Bouille. ”
“ Curieuse de tout, j’ai eu la chance d’être documentée par M. Albert Macé, qui connaît mieux que personne les secrets du port de Rouen. Mais, en général, il est entendu que Rouen est la ville-musée, mot passe-partout qui satisfait les passants, voire les Rouennais eux-mêmes. Parmi ces indifférences, il en est une beaucoup plus grave : c’est celle de l’État qui, paraît-il, ne fait rien pour aider une telle ville à mener jusqu’au bout son prodigieux effort. Il est vrai que l’État, de nos jours, est occupé de bien d’autres choses... ”
Constant de Tours, De Paris à la mer : voyage d'un petit Parisien (1898)
“ Rouen est partagé en deux par la Seine : la vieille cité historique s'étend sur la rive droite adossée à des collines; dans la plaine, sur la rive gauche, se groupe le faubourg industriel de Saint-Sever. Puis le fleuve s'enfuit au loin en une courbe gracieuse. ”
“ Ce qu’a perdu, ce que perdra certainement encore le Rouen de jadis sera-t-il regagné par le Rouen de l’avenir ? Nous vivons une époque terrible où le souci de la vente et de l’achat remplace la foi, l’amour de l’art, toutes les ferveurs. ”
Julien Loth, Monseigneur Blanquart de Bailleul… (1869)
“ Je vous l'avouerai ingénûment, M. F., s'il est en France une Eglise qui puisse tenter un Evêque, c'est bien cette noble et grande Église de Rouen. Quel clergé que ce nombreux clergé, si remarquable par sa régularité, son zèle et son bon esprit ! Quel excellent peuple que le peuple de Normandie, peuple laborieux et sage, encore croyant et même pratiquant ! Et, pour les œuvres, pour le bien, que de ressources de toute nature dans ce vaste et opulent Diocèse! Malgré tous ces avantages et peut-être même à cause de ces avantages, l'humble Évêque de Versailles ne voulait point de Rouen ”
J.-J. Baude, Revue des Deux Mondes
“ Tandis que les ténèbres et la violence régnaient sur l’Europe, la civilisation, le commerce, les arts se développaient à Rouen. Le plus populaire de tous, celui dont les œuvres exigent le plus le concours de la science, l’architecture, y brillait d’un éclat dont elle est aujourd’hui bien éloignée. ”
Tradition et modernité : 1744-1994 (1994)
“ Pourtant une enquête a révélé que Rouen dont le réseau maritime déborde largement les frontières de la France et même de l'Europe, Rouen a sur le territoire français un rayonnement qui ne dépasse point soixante kilomètres du coeur de la Cité". - "Dès les plus lointains débuts de son histoire, Rouen nous apparaît comme la victime d'une sorte de contradiction interne qui sera la source des difficultés comme de ses dépassements et de son rayonnement. Sur ce site privilégié la nature elle-même invite à l'éclosion et à l'épanouissement d'une grande Cité". ”
“ On passe par quelques rues étroites jusqu’à n’être que des fentes, ou contournées comme des dragons, et l’on se retrouve sur les quais, marine, poisson, trafic, toute la fièvre de Rouen concentrée le long de cette Seine qui est sa raison d’être. ”
Eusèbe Girault de Saint-Fargeau, Les beautés de la France : vues des principales villes… (1853)
“ Rouen est une ville bâtie dans une agréable situation sur la rive droite de la Seine, dans une vallée bordée de coteaux élevés, où débouchent les vallons de Deville et de Darnetal. Elle est, en général, assez mal bâtie, et formée de rues étroites et mal percées ; mais aucune ville de France ne possède autant d'édifices publics dignes d'admiration. Le quai est superbe et offre une vue magnifique sur le cours de la Seine, où la marée s'élève très-haut et favorise la remonte des bâtiments de deux cents tonneaux. ”
Guide du voyageur sur les bateaux à vapeur de Rouen à Paris… (1800-1850)
“ Arrondissement de Rouen. — Canton d'Elbeuf. — Population, 500 habitants. La vue de ce village, situé près de la Seine, à quatre lieues et demie de Rouen, soulage l'âme du triste aspect des rochers grisâtres de l'autre rive. Sur ces bords enchanteurs, en face d'îles couvertes d'arbres, entrecoupées de chaumières d'une couleur et d'une construction bizarre, se pressent, entre de riants coteaux et le fleuve, une suite de groupes de maisons, beaucoup plus jolies et plus nombreuses que celles de la rive gauche. ”
Julien Loth, Monseigneur Blanquart de Bailleul… (1869)
“ Ainsi placé au premier rang, dans la tour Saint-Romain, notre bourdon retentira, nous l'espérons, longtemps, majestueusement, de générations en générations, invitant à la prière la pieuse et fidèle cité de Rouen, ornant ses solennités, accompagnant ses deuils, et demeurant, devant ces flots d'hommes qui se succéderont les uns aux autres, l'immuable interprète et l'antique témoin d'une foi qui ne change pas. Par le métal qui la compose, cette cloche remonte aux premiers temps de notre histoire religieuse. Depuis saint Romain, elle célèbre les louanges de Dieu dans la capitale normande. ”
Conrad Malte-Brun,
Précis de la géographie universelle…
(1832-1837)
“ Soit que l'on arrive à Rouen par la route d'Yvetot ou par celle de Paris, sa position sur un terrain en pente dans un magnifique vallon formé par des montagnes de craie couvertes de prés et de champs en culture; le large cours de la Seine qui baigne plusieurs îles et coule au milieu de riantes prairies; ces boulevards qui, dans la ville, bordent le fleuve; ces larges quais; ce port couvert de navires de toutes les nations ; ce beau pont en pierres qui conduit au faubourg Saint-Sever; les vastes casernes qui laissent un large espace entre ce faubourg et la rive gauche de la Seine ”
Émile Mâle,
Revue des Deux Mondes
“ A peine pouvons-nous imaginer l’épouvante qui s’emparait parfois des grandes villes pendant le XVIe siècle. La vie s’arrêtait. A Rouen, on ne rencontrait plus dans les rues que le sinistre tombereau peint en blanc et en noir. ”
Amable Floquet,
Anecdotes normandes
“ Qui aurait pu planer sur la Normandie, et l’embrasser d’un coup d’œil tout entière, eût été émerveillé en voyant, sur toutes les routes en sens divers qui conduisaient à Rouen, se hâter, se presser, à pied, à cheval, en coche, en patache, des gentilhommes, des marchands, des métayers, voire même des abbés, des prieurs, des chanoines et des curés, qui se rendaient en toute hâte, de l’extrémité de la province à Rouen, droit au Palais, où ils avaient affaire ; aussi nombreux, aussi empressés que naguère les Hébreux, lorsque, de tous les coins de la Judée, ils venaient sacrifier à Jérusalem. ”
André Maurois, 1885-1967 : célébration du centenaire de sa naissance… (1986)
“ André Maurois, pourtant, reprend espoir. Le Rouen qu'il admirait, comme telle cité antique, n'est-ce plus qu'une ville morte ? Non, veut-il croire, « Rouen reste Rouen. Certaines images ont disparu que l'on regrette et n'oublie point... mais tant d'autres demeurent, parmi les plus précieuses ». Et de citer la cathédrale éventrée mais debout, Saint-Ouen et le cher vieux lycée... Surtout demeurent les hommes. Avec eux, et devant leur courage, l'écrivain comprend qu'à la quête mélancolique du Rouen perdu doit succéder l'effort opiniâtre pour faire lever de terre un Rouen retrouvé. ”
Amédée Fraigneau, Rouen Bizarre
“ Et, en effet, c’est ce quartier du vieux Martainville qui fournit aux forains de Rouen et des environs la plupart de leurs sauvages. Il y a là une population étrange qui ne vit que d’expédiens, sur laquelle la police a incessamment l’œil et qui, fuyant le Rouen nouveau, s’élargissant sans cesse, se voit entourée pour ainsi dire par un cercle de lumière et cherche encore quelques refuges obscurs dans des rues mal famées et dans des cabarets borgnes. Pour ces gens, tous les métiers sont bons ; ils sont tour à tour débardeurs, commissionnaires marrons, ouvreurs de portières, etc. ”
