Eugénie Casanova

Élements biographiques

Eugénie Casanova Heures de poésie (1903)

Pas même un son confus semblable à quelque choeur Dont nous pourrions noter la dernière harmonie !
Et c'est ainsi toujours, car l'amère ironie Des choses d'ici-bas aime à rester vainqueur, Et des nuits de parfum elle emporte la fleur Avec un soin jaloux, une joie infinie !...
L'éphémère d'un soir contient tout un destin,
C'est le rêve entrevu quand sonne le festin,
C'est la vie enchantée, et puis que sais-je encore ?...
C'est tout ce qu'on désire et qu'on n'aura jamais !... Le printemps dure un jour, avec lui s'évapore Le grand songe des nuits aux multiples attraits !...
Source : Gallica

Eugénie Casanova Heures de théâtre (1904)

ANDREA, avec douceur.
Moi, je ne te dis rien...
(Il se tourne vers Lina.)
Que tu m'as fait souffrir ! Oh ! l'on aime à vingt ans, oui, comme dans la vie Jamais on aimera. — L'on peut même en mourir, Car je brûle et j'ai froid,
(D'une voix éteinte.)
Et je sens que mon âme Aura bientôt quitté ce si fragile corps. Je t'avais de mon coeur donné toute la flamme. Tu m'as tué, Lina.... Vis sans aucun remords. Je vais prier pour toi; dans le ciel on pardonne... Aux vivants malheureux on vient porter secours. Espère donc en Dieu pour qu'un jour il te donne, Lina, le repentir...
Source : Gallica

Eugénie Casanova Heures de théâtre (1904)

LYDA ET LYSUS
LYSUS, radieux, enlève sa couronne et la met sur le front de Lyda.
O mon épouse, ô toi, la plus belle des roses, O toi, bouton naissant parmi les fleurs écloses, Dis-moi, ma belle aimée, en ce soir de bonheur, Pourquoi ton cher visage est couvert de pâleur, Pourquoi ton front si pur avec peine s'incline Sous le poids de l'amour te rendant plus divine?
LYDA, tressaillant. Lysus, n'entends-tu pas?... J'ai peur, quel est ce bruit?.
LYSUS, souriant.
Ce sont les feux de joie, il est bientôt minuit : C'est l'heure du festin
Source : Gallica

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