Maurice Trubert

Élements biographiques

Maurice Trubert Rêves et réalités (1895)

Puis, soudain, dans mon coeur tout se mêle et s'efface ; Je cherche à ressaisir ce rêve qui me fuit ; Comme un oiseau farouche il s'envole en l'espace ; Sur le parvis désert je suis seul dans la nuit.
Heures pleines de charme, heures délicieuses
Dont éternellement doit survivre l'attrait,
Pour consoler parfois mes heures soucieuses,
Je voudrais vous laisser en mon coeur, comme un trait.
Ce passé, si charmant par sa vieillesse même,
Peut-être adoucirait mes chagrins à venir,
Car le Ciel nous sait faire, en sa bonté suprême,
Du bonheur le plus court le plus long souvenir.
Source : Gallica

Maurice Trubert Rêves et réalités (1895)

C'est pour trouver, aux feux d'une nouvelle aurore,
La nouvelle création.
L'oiseau qui fend les airs, et le vent dans l'espace, Et le nuage au ciel, et le fleuve qui passe,
Emportent tous un peu de nous, Et le parfum des fleurs n'est souvent autre chose Que le souffle embaumé de l'enfant qui repose
Et que nous pleurons à genoux.
Car le sol, si fécond que Dieu l'ait voulu faire, Se reforme toujours d'une même matière
Dans son travail silencieux ; Tout ce qui prit naissance aux premiers jours du monde, Se retrouve dans l'air, dans les corps et dans l'onde ;
L'âme seule remonte aux cieux.
Source : Gallica

Maurice Trubert Rêves et réalités (1895)

Encore un oiseau, qui s'envole Dans le ciel de notre printemps. Sur le sol, creusé pour la tombe, Encore une feuille qui tombe Au crépuscule des saisons Et, de larmes souvent trempée, Encore une page, échappée Au Grand Livre que nous lisons.
Que nous a donné l'an qui passe ? Que nous réserve l'an qui vient ? Un rayon luit-il, dans l'espace, Pour cet inconnu qui survient ? Sur le fleuve qui nous entraîne, Est-ce une joie, est-ce une peine Que notre barque ira heurtant, Et, si nous abordons à terre, Est-ce une rive hospitalière, Est-ce un désert, qui nous attend ?
Source : Gallica

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