Eugénie Casanova

Résumé

Eugénie Casanova Heures de théâtre (1904)

ANDREA, avec douceur.
Moi, je ne te dis rien...
(Il se tourne vers Lina.)
Que tu m'as fait souffrir ! Oh ! l'on aime à vingt ans, oui, comme dans la vie Jamais on aimera. — L'on peut même en mourir, Car je brûle et j'ai froid,
(D'une voix éteinte.)
Et je sens que mon âme Aura bientôt quitté ce si fragile corps. Je t'avais de mon coeur donné toute la flamme. Tu m'as tué, Lina.... Vis sans aucun remords. Je vais prier pour toi; dans le ciel on pardonne... Aux vivants malheureux on vient porter secours. Espère donc en Dieu pour qu'un jour il te donne, Lina, le repentir...
Source : Gallica

Eugénie Casanova Heures de théâtre (1904)

ANDREA
Tu voudrais me chasser ; rien ne peut te ternir. Tu m'as menti, Lina, tu n'es pas une infâme. Tes yeux sont si rêveurs quand parfois le matin, A ton balcon, penchée, ils vont trouver mon âme.
LINA. Elle rit d'un rire sardonique.
Comédie, Andréa, c'est là tout leur destin ! N'as-tu pas d'autre but à remplir sur la terre
(Elle s'attendrit.) Que celui de m'aimer? Aime donc la vertu, La vertu qui fleurit dans l'ombre et le mystère, Choisis là ton amour ; près de moi, qu'aurais-tu ? Ah ! l'enfer dans ton coeur, le dédain pour toi-même, Le plaisir d'un instant suivi par le remords !
Source : Gallica

Eugénie Casanova Heures de théâtre (1904)

Les feux du jour sont là dans tes noires prunelles. Les tapis d'Orient, merveilles de couleurs, Pâliront devant toi, toi, la reine des fleurs ! Et quand lassé du bruit je verrai la nuit sombre, Tu seras mon soleil et tu seras mon ombre. Par toi tout sera vie et tout sera printemps !... Je défierai la mort, je braverai les temps !... Tu seras mon orgueil, tu seras mon idole, Et des dieux sans trembler je verrai l'auréole. Mon coeur n'aura-t-il pas un unique trésor, Et plus pur que l'étoile, et plus brillant que l'or ?
LYDA, avec épouvante, ne paraissant pas suivre ces paroles.
Source : Gallica

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