Alexis Ponson du Terrail

Résumé

Alexis Ponson du Terrail Au village, notes d'amour (1888)

Ainsi l'homme parfois cultive Silencieusement en lui, L'hiver, cette plante hâtive Dont le parfum vous réjouit.
L'espérance est la goutte utile Qui fend l'argile de son coeur : Ce vase riche, mais fragile, Où son amour est une fleur.
Et la fleur n'est pas oublieuse Des soins donnés chaque matin, Sortant du vase gracieuse, La fleur efface du chagrin.
Son parfum subtil fait éclore Un étourdissement joyeux Sa couleur de rubis colore L'aile d'un rêve radieux.
Tandis qu'au loin le noir cortège Des deuils du coeur court effacé, Pareil au tourbillon de neige Que vous ne voyez point passer.
Source : Gallica

Alexis Ponson du Terrail Au village, notes d'amour (1888)

Rêve limpide et blanc, tel qu'un rayon solaire, Dont reste ému mon coeur et charmé mon esprit.
A DIX-HUIT ANS
(SONNET)
Lorsque avec dix-huit ans on a les lèvres roses, Le teint du plus beau lys, le regard azuré, Angèle, on doit rêver à de fort belles choses: A fleurir et, surtout, à se faire adorer.
Ce rêve, cependant, de tant de fleurs écloses, Par le milieu terrestre est souvent altéré : A plus d'une l'avril compte des jours moroses, Beaucoup en saluant le soleil ont pleuré!
Mais vous dont la beauté ne sera pas ternie
Par la veille ou le cloître, oh!
Source : Gallica

Alexis Ponson du Terrail Au village, notes d'amour (1888)

Le sol altéré boit les brumes en automne, Les neiges en hiver, la rosée au printemps ; L'ivrogne boit toujours qu'il vente, gèle ou tonne, Grisant, de sa liqueur, les prés, les bois, les champs.
Et la mer, à son tour, se soûle dans sa couche De vingt mille cours d'eau, venus d'un peu partout, Emus, ivres, trébuchant, l'écume à la bouche. Un rauque ronflement monte du flot qui bout.
Le soleil boit aussi. Rouge sombre sa face Est celle d'un soûlard, le soir à l'horizon. Il a bu l'Océan, maintenant, dans l'espace, Les astres avinés boivent à son rayon.
Source : Gallica

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