Eusèbe Girault de Saint-Fargeau

Élements biographiques

Eusèbe Girault de Saint-Fargeau Revue des Romans

Mademoiselle de Montpensier n’est pas, à proprement parler, un roman, c’est une nouvelle, et une nouvelle charmante, délicieuse de nobles sentiments. Il est difficile de rassembler avec plus d’art, dans un seul petit volume, une foule d’événements plus naturels et mieux conduits. On voit, on plaint la beauté malheureuse et sensible, qui, reconnaissant en elle-même une passion cachée et funeste, fait de vains efforts pour la surmonter, et meurt de désespoir, après avoir perdu sans crime le cœur de celui qu’elle aima et l’estime de son époux.
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Eusèbe Girault de Saint-Fargeau Revue des Romans

À l’âge où l’esprit n’a point encore tué le cœur, il a ressenti une passion violente pour une jeune fille que sa mère a recueillie dans son château, et qui partage quelque temps avec un bichon les faveurs de sa maîtresse. Eh bien ! cette jeune fille qu’il aime et qu’il regrettera toute sa vie, il la sacrifie lâchement à l’orgueil de sa famille, et la laisse chasser comme une servante. Pour anoblir le sang plébéien qui coule dans ses veines, il va chercher dans les rangs de l’aristocratie une beauté fade et langoureuse qui ne s’échauffera que pour l’adultère.
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Eusèbe Girault de Saint-Fargeau Revue des Romans

Quand Valentine, entre le sommeil et le délire, prodigue à Bénédict des baisers et des caresses qu’elle croit légitimes ; quand elle écarte elle-même, d’une main impatiente, les voiles que son amant généreux avait mis entre sa faiblesse et le danger de sa beauté ; lorsque sa bouche, traduisant une à une les illusions de son rêve, révèle à Bénédict la réalité de son bonheur, qu’elle attire sur son sein, comme un époux aimé à qui elle ne doit rien refuser, l’homme qui ne peut la posséder sans crime, on cède à l’irrésistible émotion de la vérité.
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