Maurice Allou

Résumé

Maurice Allou Strophes d'acier (1914-1916) (1916)

Un fleuve... Tout le ciel est rouge sur ce fleuve Et l'eau semble mirer la pourpre de ce ciel. Comme le soir est beau ! comme l'aurore neuve Va sourire demain à ce fleuve immortel !
Des monceaux, des monceaux de corps, des casques vides, Des canons menaçant des visages livides, Et des hommes partout tentant de se dresser Sous les frères pâlis que la nuit vient glacer... Silence... Seul un cri d'oiseau... L'ombre est plus noire. Silence... La bataille est loin. La mort est là... Mais la Victoire plane, et la brume voila Ce qui peut attendrir le coeur de la Victoire !
Source : Gallica

Maurice Allou Strophes d'acier (1914-1916) (1916)

L'OISEAU BLEU
Qui l'eût dit ! L'Oiseau clair de joie et d'allégresse, O Belgique immortelle, est né sous ton ciel pur. Et ton Poète — un Sage, eût proféré la Grèce — Dénicha dans tes bois ce rêveur de l'azur !
L'Oiseau bleu du Bonheur offert par ta détresse, Flandre, quelle ironie ! hasard étrange et dur ! Mais non, en t'observant de plus près, je suis sûr Que ton âme ressemble à l'aile enchanteresse !
Jamais nul d'entre nous ne verra se poser Le céleste coureur de gloire et d'aventure... Un rameau, le portant, ploierait à se briser.
Source : Gallica

Maurice Allou Strophes d'acier (1914-1916) (1916)

De tous les lys montant vers ta tête embaumée, Jeanne, un surtout, je crois, dut parfumer ton coeur, Celui qui de ton bronze ornait la dague aimée, Car l'épée avait l'air de sortir de la fleur !
Le beau lys, fier et droit, d'immortelle pâleur, Comme la blanche lame au soleil enflammée ! C'est un reflet nouveau mis sur ton fer vainqueur, Et le fer et la fleur défendent notre armée !
L'épée a soif de sang, son appel est brutal, Un nuage de pourpre obscurcit sa lumière... Tu la dresses pourtant vers un ciel triomphal...
Source : Gallica

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