Maurice Allou, Strophes d'acier (1914-1916) (1916)
“ Un fleuve... Tout le ciel est rouge sur ce fleuve Et l'eau semble mirer la pourpre de ce ciel. Comme le soir est beau ! comme l'aurore neuve Va sourire demain à ce fleuve immortel ! Des monceaux, des monceaux de corps, des casques vides, Des canons menaçant des visages livides, Et des hommes partout tentant de se dresser Sous les frères pâlis que la nuit vient glacer... Silence... Seul un cri d'oiseau... L'ombre est plus noire. Silence... La bataille est loin. La mort est là... Mais la Victoire plane, et la brume voila Ce qui peut attendrir le coeur de la Victoire ! ”
