Jean Aicard

Jean Aicard

Jésus (1911)

Résumé

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Jésus (1911)

MARIE-MAGDELEINE
Quand Magdeleine apprit qu’un jeune homme à l’œil clair,
Simple et beau, soumettait le peuple à sa parole,
Ayant rêvé longtemps de lui, la vierge folle
Désira le soumettre à ses charmes d’enfer.
L’orgueil seul, son orgueil naïf de fille d’Ève,
L’inspirait, — et, voulant se mesurer au Dieu,
Elle partit, le cœur brûlant, la joue en feu,
Elle vint à celui qu’elle admirait en rêve.
Elle comptait bien faire, avec des cheveux blonds,
Un câble pour lier ses pieds, ses mains, son âme...
Le vainqueur de Satan vaincra-t-il une femme ?
Et, tremblante d’orgueil, elle murmure : Allons !
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Jésus (1911)

Je ne suis pas celui qu’on aime ; attendez l’autre :
C’est le grain ; moi, le vent.
Il est le Maître. Moi, je ne suis qu’un apôtre
Qu’il envoie en avant.
Lui seul pardonnera, tandis que je condamne.
Selon qu’il est écrit,
Il s’avance paisible et monté sur un âne ;
En pleurant, il sourit.
J’annonce aux manteaux d’or des riches de Judée
Les haillons d’un vainqueur !
Je blâme : il aimera ; je ne suis que l’idée :
Je vous annonce un cœur.
Ma voix est au désert ; la sienne est dans la vigne
Où le travail est doux.
Sa sandale est divine, et je voudrais, indigne,
L’attacher à genoux.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Jésus (1911)

C’est Pilate, lavant ses mains du sang du Juste,
C’est l’amitié de Jean qui n’abandonne pas,
Et nos cœurs sont la Table où ton Verbe s’incruste,
Et ton nom retentit sous chacun de nos pas.
Ta vie est le flambeau dont l’univers s’éclaire.
Sans la simplicité de tes légendes d’or,
Ton cœur n’entrerait pas dans le cœur populaire
Qui sent, lorsque l’esprit ne conçoit pas encor.
L’amour n’est pas un fruit des veilles du génie.
Source : Gutenberg

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