Jean Aicard,
Jésus
(1911)
“ MARIE-MAGDELEINEQuand Magdeleine apprit qu’un jeune homme à l’œil clair,Simple et beau, soumettait le peuple à sa parole,Ayant rêvé longtemps de lui, la vierge folleDésira le soumettre à ses charmes d’enfer.L’orgueil seul, son orgueil naïf de fille d’Ève,L’inspirait, — et, voulant se mesurer au Dieu,Elle partit, le cœur brûlant, la joue en feu,Elle vint à celui qu’elle admirait en rêve.Elle comptait bien faire, avec des cheveux blonds,Un câble pour lier ses pieds, ses mains, son âme...Le vainqueur de Satan vaincra-t-il une femme ?Et, tremblante d’orgueil, elle murmure : Allons ! ”
