Eugène Le Roy,
L’Année rustique en Périgord
(1903-1904)
“ Puis, vers la dixième heure, le soleil montant dans le ciel achève de fondre les brouées laiteuses, et les bœufs roux accouplés au joug se voient nettement, soufflant dans l’air encore frais une vapeur épaisse par leurs naseaux dilatés. Leur muffle humide luit ; et leur cou tendu sous l’effort tire l’araire au coutre luisant, qui s’avance lentement, fendant la terre en amour, et laissant derrière elle les poules de la borderie cherchant les vers dans les mottes retournées. Au bout du champ l’homme arrête ses bœufs le nez à la haie et les laisse souffler. ”
