Charles-Théophile Féret

Charles-Théophile Féret

Résumé

Portrait de Charles-Théophile Féret Charles-Théophile Féret L’Arc d’Ulysse

Tes yeux clairs que l’helminthe a rongés, et tes rides,
Ta bouche, et tout ce qui n’est plus au triste enclos
Sous des ais défoncés qu’un peu de cendre et d’os,
Mémoire en tous les cœurs, hors le mien, disparue,
Nom qu’on ne connaît plus dans ta petite rue...
Mais je sais que, légère et subtile, tu vis
Dans l’éther, que ton corps fluidique, ravi
Aux servitudes de la terre, à ses souillures,
Contemple le divin dans la lumière pure,
Qu’ayant souffert, les morts ont pitié des vivants,
Que tu me guides vers le juste, et me défends.
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Portrait de Charles-Théophile Féret Charles-Théophile Féret L’Arc d’Ulysse

Regarde un peuple libre entrer sa forte épaule
Comme au temps des abeilles d’or.
La Mort fauche, et tes fils demain seront-ils là
Pour garder la rive allemande ?
Invoque rauquement tes dieux, et leur demande
De ressusciter Attila.
Odin avait promis la Gaule aux reîtres blonds :
Il n’a point trompé leur superbe :
Ils tiennent nos guérets, leur gloire gît sous l’herbe,
Deux pieds de large, six en long.
Leur sang n’a point lavé tes crimes lâches. Crains
L’éternel soufflet sur ta face,
Et la haine qui coule ardente entre nos races,
Torrent plus profond que le Rhin.
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Portrait de Charles-Théophile Féret Charles-Théophile Féret L’Arc d’Ulysse

Troie, où s’accoude Hélène, aux cheveux étirés
Par le vent du rempart.
Cinéma du passé, le ciel crépusculaire,
Ô Reims, pourpre du sacre,
Rebâtira tes murs libérés de la terre,
D’or, de gemme et de nacre.
Quand les canons lointains de l’orage, les glaives
De l’éclair, et le vent
Ruineront le spectre obstiné, notre rêve
Le refera vivant.
Voici le doux hameau qui revient de la guerre
Dans la Flandre assoupie,
Et la lune rassemble à sa lanterne claire
Les moutons de charpie.
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