Résumé

Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset A Selection of the Poetries and Comedies

Pour encens, la douleur, l’amour et l’harmonie ; Pour victime, son cœur ; — pour dieu, la vérité. L’artiste est un soldat, qui des rangs d’une armée Sort, et marche en avant, — ou chef, — ou déserteur. Par deux chemins divers il peut sortir vainqueur. L’un, comme Calderon et comme Mérimée, Incruste un plomb brûlant sur la réalité, Découpe à son flambeau la silhouette humaine, En emporte le moule, et jette sur la scène Le plâtre de la vie avec sa nudité. Pas un coup de ciseau sur la sombre effigie, Rien qu’un masque d’airain, tel que Dieu l’a fondu.
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Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset A Selection of the Poetries and Comedies

J’aime mieux un joueur, qui prend le grand chemin ; Je hais le vent doré qui gonfle la sottise, Et, dans quelque cent ans, j’ai bien peur qu’on ne dise Que notre siècle d’or fut un siècle d’airain.
Vous me demanderez si j’aime quelque chose. Je m’en vais vous répondre à peu près comme Hamlet : Doutez, Ophélia, de tout ce qui vous plaît, De la clarté des cieux, du parfum de la rose ; Doutez de la vertu, de la nuit et du jour ; Doutez de tout au monde, et jamais de l’amour.
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Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset A Selection of the Poetries and Comedies

Notre premier baiser, ne t’en souviens-tu pas,
Quand je te vis si pâle au toucher de mon aile,
Et que, les yeux en pleurs, tu tombas dans mes bras ?
Ah ! je t’ai consolé d’une amère souffrance !
Hélas ! bien jeune encor, tu te mourais d’amour.
Console-moi ce soir, je me meurs d’espérance ;
J’ai besoin de prier pour vivre jusqu’au jour.
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