“ L’homme plane, et l’amour, rut de l’âme extatique, S’échauffe à la splendeur fécondante du Beau ! Les Édens parfumés comme un bois de l’Attique, L’aire où plane l’autel du mystique Baal, S’ouvrent, et nous passons, tourbillon frénétique ! Le Lyrisme mugit comme un vent boréal. Dans l’alcôve d’azur que l’étoile bigarre, L’âme un instant s’accouple au farouche Idéal ; Puis enfin, retombée à terre, aile d’Icare, Nostalgique du Beau qu’elle entrevit ailleurs, Garde un divin amour, où le rêve s’égare, De l’étoile et du ciel, de la femme et des fleurs ! ”
Résumé
“Philoméla”, est une œuvre de Catulle Mendès. Des thèmes tels que Jeune homme, Attentive ou flétrisse y sont abordés.
Citations de Philoméla (Catulle Mendès)
“ Et sans cesse enivré d’amour, cherchant le but, Par les rudes chemins et sous le ciel en flamme S’élance le troupeau des cavales en rut ! Pareils, durant ces nuits où l’être entier se pâme Sous les baisers ardents de la Muse, pareils, Vers l’Idéal lointain nous allons, ô mon âme ! Nous allons, éveillés des terrestres sommeils ; Notre élan, qui s’accroche à des broussailles d’astres, Ainsi que des cailloux, fait rouler les soleils ! Vers un palais d’argent aux lumineux pilastres L’étoile d’Orion nous guide, clair flambeau ; Le lest humain s’écroule en ténébreux désastres ”
“ Attentive, les yeux ravis, la bouche ouverte, Comme sont les enfants au théâtre Guignol ; Elle écoutait le chant sous la frondaison verte, Et moi je me sentis jaloux du rossignol. « Belle âme en fleur, lilas où s’abrite mon rêve, Disais-je, laisse là cet oiseau qui me nuit. Ah ! méchant cœur, l’amour est long, la nuit est brève ! » Mais elle n’écoutait qu’une voix dans la nuit. ”
“ Poussent dans le désert des cris d’agonisants, Et le flot qui se rue à l’assaut des brisants Avec le râle affreux d’un monstre qui suffoque, Bave, lourd et suant comme un ventre de phoque ! Si ton cœur se déchire et fuit la guérison, C’est là qu’il faut aller, mon frère ! La maison N’a plus de maître, et nul n’a refermé l’entrée Depuis que l’hôte ancien, dont l’âme est délivrée, Y reçut un passant formidable, la mort ! Oh ! c’est un souvenir qui jamais ne démord, D’avoir en son réduit lugubre vu cet hôte ! ”
“ Créature divine et basse, être anormal, Canidia, mon cœur t’aime et mon vers te loue, Car ton souffle est plus pur que le vent aromal, Et le long pleur d’amour dont se mouille ta joue Te lave du péché comme un flot baptismal. ”
“ Vous détesterez l’heure où votre amour est née Car le ciel punira mes élans trop hardis, Et l’enchevêtrement de mes destins maudits Brouillera les fils d’or de votre destinée ! C’est de tisons d’enfer que mes désirs sont pleins ! ”
“ Éclatant des couleurs ! C’est l’énorme broussaille Et l’antre et le ravin Qu’en vain L’aube candide assaille, C’est le gouffre vainqueur Du ciel et le désastre De l’astre, C’est mon cœur ! c’est mon cœur ! ”
“ Traînant l’humanité comme un boulet honni, Dans l’infini du ciel immensité du rêve, Immensité du ciel sur le rêve infini ! Le reptile vaincu rampe et meurt aux pieds d’Ève, Mais le lys adorable au chardon s’est uni ; Isis a décoré de fleurs son col bruni, Mais l’arbre de la vie, hélas ! n’a plus de sève. ”
“ L’enfer, qui donne aux lys le poison des ciguës, A mis en Elle un charme exécrable et vainqueur ; Avec sa dent de neige aux morsures aiguës Cette méchante femme a déchiré mon cœur. Dans ma lâche poitrine elle a fait une brèche Afin de déchirer mon cœur^ et c’est son jeu Familier d’y planter son doigt comme une flèche ! Elle a l’humeur joyeuse et ne croit pas en Dieu. ”
“ Partout où dans les bois la Mère mamelue Fait pulluler la bête et fait germer les glands, Pantéleïa, flocon d’azur, je vous salue ! Vous n’avez pas laissé, Reine, vos talons blancs Se poser sur l’autel d’où notre encens s’élève, Et nul n’a vu s’ouvrir vos yeux étincelants ! Ceux qui portent le luth, ceux qui tiennent le glaive Auraient pu vous chanter et mourir à vos pieds ; Vous n’avez pas voulu, nul ne sait votre rêve ! Nul ne sait vos amours vainement épiés ! ”
“ Des blondes ! Garde-toi des rêves amers Et ne tente jamais les mers Profondes ! Va, triomphe parmi le chœur Des filles blanches dont le cœur Bat vite ! Fais l’amour, nous ferons les vers ”
“ Berthe emplit, fraise à fraise, Dans le bois printanier, Son frais panier. Les déesses de marbre La regardent sous l’arbre d’un air plein de douceur, Comme une sœur, Et dans de folles rixes Passe l’essaim des Nixes Et des Elfes badins Et des Ondins. II Un Elfe dit à Berthe : « Là-bas, sous l’ombre verte, Il est dans les sentiers De beaux fraisiers ! » Un Elfe a la moustache. Très-fine et l’air bravache D’un reitre ou d’un varlet, Quand il lui plaît. « Conduisez-moi, dit Berthe, Là-bas, sous l’ombre verte, Où sont dans les sentiers Les beaux fraisiers. ”
“ Imitant les poussins qui brisent leur coquille, Nous remplissons l’écho de petits cris joyeux ! La sœur de Raphaël a de si jolis yeux ! Mais Raphaël nous vole et l’ange se maquille. Les désillusions nous prennent par la main : Jeanne doit sa pâleur ivoirine aux chloroses, Et le baiser d’Aline a les lèvres si roses Que la moustache en garde un cercle de carmin ! ”
“ Dans la Cythère libertine. Ainsi soit-il ! Mignonne, adieu ! Si vous tenez votre promesse, Le couvent sera tôt en feu ; Selon les rites du Permesse, Amour y sera le seul Dieu, Et les Grâces diront la messe ! ”
“ Le front auréolé d’un pâle demi-jour, Nous gravirons les pics couronnés d’ombre opaque ; Et l’on dira, voyant ton lumineux contour, Que les Anges vêtus d’air paradisiaque Descendent sur les monts pour y faire l’amour ! ”
“ Au marché qu’on tient à la Madeleine ! J’ai rêvé d’un grand château dans la plaine. Nous étions (hélas ! tu me comprendras !) , Moi, l’hôte d’un soir, vous, la châtelaine ! Debout ! le soleil caresse nos draps. ”
“ Jeune homme, tes cheveux sont roux comme la queue Des comètes qui vont par l’immensité bleue ! aline Enfant, tes cheveux sont légers comme les fils De la Vierge, qu’on voit au retour des avrils ! paola J’aime tes yeux luisants comme une cornaline. Enfant, j’aime tes yeux pareils aux yeux d’Aline ! aline Tes yeux sont deux éclairs qu’à la foudre on vola, J’aime tes yeux pareils aux yeux de Paola ! paola Comme un souffle brûlant tourmente une voilure, L’haleine de ma bouche enfle ta chevelure ! ”
“ Ton vaste orgueil s’étale au-dessus des épreuves Comme au sommet des monts un beau lac azuré ; Tu portes, souriante et le pas mesuré, Tes nouveaux désespoirs comme des robes neuves. Rien ne peut entamer ton cœur de diamant ! ”
“ Dans le bois où l’attend le Faune insidieux, N’évita point ton joug, ô terrible Aphrodite ! Et par toi les désirs naissaient au cœur des Dieux, Les hommes, enfouis dans leur fange maudite, S’agenouillaient en foule à tes autels divins. ”
“ C’est vous, ange fatal, charmeresse aux yeux verts ! J’ai bu tous les poisons de votre perfidie, Et, dompté par un charme adorable et pervers, Spectre que le tombeau lui-même répudie, Horrible, méconnu, je me jette à travers La fange, sous les pieds de la foule étourdie, Rouillé comme un vieux sou sans face ni revers ! ”
“ De travers et les yeux sans flammes, comme il sied Aux légitimes fils des honnêtes familles. » Là-dessus les époux firent venir les filles Que l’esclavage courbe aux travaux les plus vils. « Vous allez emporter ces bâtards, dirent-ils. Vous les exposerez loin de toute citerne, Dans un bois que le cri des lionnes consterne, Sans eau, sans fruits, sans pain, et si l’un d’eux survit, Un seul ! vous périrez toutes. » Un seul ! vous périrez toutes. » ”
“ En jaillisse, à la fois éblouissant et sombre, Le tourbillonnement des rêves inouïs ! Que de vous la plus belle, ô houris de ma couche, Burinant des senteurs de femme à chaque bouche, M’apporte en un baiser tous vos baisers unis ! ”
“ Mais en ce siècle de raison Il n’est que deux morts de saison : La noyade ou la pendaison. Va donc, pauvre homme, et fais ton livre En priant Dieu qu’il te délivre : Mourir est bête, autant que vivre ! ”
“ La tombe et la nuit m’ont quitté. Vienne la femme qui s’émeuve Sous mon baiser ressuscité ! J’étais pareil au lit d’un fleuve, Dans les jours brûlants de l’été, Sec et morne, attendant qu’il pleuve ”
“ Serait-ce pas Dieu qui se joue Et qui, comme un paon, fait la roue Avec tous ces yeux grands ouverts ? Le poète aime les féeries : Peut-être, pour valser en rond, Sont-ce de blanches Valkyries Qui, comme en guirlandes fleuries, Passent, une escarboucle au front ? ”
“ Immortelle aux yeux noirs., Reine au cœur indulgent, Qui mires ta beauté dans les hymnes d’Homère ! Tu courbais sous tes lois les grands monstres nageant Près des rochers moussus où Molpéa repose, Et les bêtes des bois léchaient tes pieds d’argent ! Et les oiseaux, légers habitants de l’air rose, Dont notre œil, sous la nu£, à peine suit l’essor, La blonde Mélissette au sein des fleurs éclose, La gazelle qu’au fond des bois trouble le cor, À tes travaux charmants soumis avec délices, T’adoraient, vierge auguste à la couronne d’or ! ”
“ Un soir, nue et farouche et les cheveux épars, Se r’habille à la hâte en s’écriant : Je pars ! Et si, malgré vos pleurs de rage, elle vous laisse Seul comme un chien perdu qui traîne encor sa laisse Et hurle sous le ciel épouvanté des nuits ”
“ Dieu, par les prés de neige et les champs de frimas, Fait paître le troupeau de ses ouailles blanches. Le voile sur le front, la corde sur les hanches, La procession passe en réguliers amas. Hélas ! sœur de ma sœur, ô seule qui m’aimas ! ”
“ D’or luisant, comme sont les saintes d’un vitrail ! Car, dès l’adolescence, ayant, en mainte affaire, Humanité fangeuse, appris ce que tu vaux, Il était coutumier de dire : Je préfère Aux hommes le cheval, mais la femme aux chevaux. ”
“ Je suis parti, grinçant des dents, tordant mes bras, Frappant du poing ce cœur que la gangrène infeste, Et me suivant ainsi que Tisiphone Oreste, Presque éteinte : Reviens ! disait la voix tout bas. ”
“ Et le trouble est banni des âmes qu’elle hante. L’observance du rite et la sobriété Décorent tes amants, ô Muse triomphante ! Pourtant, dans les langueurs que la veillée enfante, Ma débile nature aime l’abus du thé. ”
“ Elles se font tout bas de longues confidences À propos d’un passant à l’air victorieux, Et leur discours empli de riens mystérieux Chante avec les oiseaux parmi les rameaux denses. Ô charme ! avoir quinze ans pendant le mois de mai ! Sentir éclore en soi, par un doux sortilége, Les fleurs que l’on envie au jardin parfumé ! ”
“ Elle a soigneusement défriché les moellons, Tué chaque serpent, nettoyé chaque dalle. Et maintenant, fermée au choc des aquilons, Mon âme est une grande église synodale Où j’adore sans fin ma sainte aux cheveux longs. ”
“ Tu jetteras demain, dès l’heure où l’aube naît, Ton manteau de drap fin sur ta robe de soie, Et nous irons revoir le bois du Vesinet ! Le fleuve a son courant, le pèlerin sa voie, La colombe a son nid qu’elle seule connaît ”
“ Qu’une goule me hante et que mon sang tarisse ! La seule exhalaison de ma plaie a suffi Pour que la fleur d’une âme exquise se flétrisse. Jette aux anges sereins ton ténébreux défi, Tant qu’enfin les talons de la blanche cohorte T’écrasent ! vil serpent d’impuretés bouffi. ”
“ Et la belle a dit : Ce que j’aime ? Je préfère aux ombres du soir, Aux senteurs de la rose même, L’ombre et les senteurs du boudoir ! Qu’autour de moi tout s’effémine ! À travers la création. ”
“ Où sur les monts bombant l’échine de la plaine, Le platane au tronc lisse et l’orme au pied moussu Cliquètent, pleins d’oiseaux, de chansons et d’haleine, Comme un grelot d’argent sur le dos d’un bossu ? ”
“ La verte splendeur du mois embaumé. En vérité, ceux qui font des risées Sur le doux printemps n’ont jamais aimé. Mouillez ma bottine , ô fraîches rosées Du bois où bourgeonne et gazouille Mai ! ”
“ Ma belle soif de neige idéale, et ma haine Pour les vulgaires cœurs affamés de rebuts ! Nul ne descend que moi dans l’horrible Géhenne Où mes vieux désespoirs gémissent accroupis : Seul je connais mon crime et seul j’en sais la peine. ”
“ J’aspirai, parmi l’air qu’embaume l’encensoir, Tes cheveux odorants comme un acacia. Tu priais, à genoux sur une pierre lisse, Et près de toi, dans l’ombre, étant venu m’asseoir, Je te dis : Liebst du mich ? tu me répondis : Ia ! ”
“ Leur amant est là-bas, parmi les herbes jaunes, Derrière ces taillis qu’émonde l’aquilon, Rêveur, sur le penchant des monts aux vastes cônes, Où, seuls, dans les sapins frémissants comme un luth, Les aigles rois ont fait leurs nids qui sont des trônes ”
“ Relevant un coin du peignoir, Découvre sa jambe nacrée, Ronde et blanche sur un fond noir ; Tandis qu’une tête plus sombre, Lèvre épaisse aux plis tortueux, Planant sur elle, éclaire l’ombre De sourires voluptueux ! ”
“ Les Dieux, sont en mépris, les Dieux sont au tombeau ; Le nocher n’ouït plus la chanson des Sirènes, Le ceste de Vénus est un vague lambeau ; Toi seul, posthume enfant des époques sereines, Tu portes fièrement la honte d’être beau ! ”
“ Les lacs où, le matin, passent des brouillards bleus, Se couvrent en hiver d’étincelantes glaces ; Les hardis patineurs, aux jambes jamais lasses, S’élancent en troupeau vers les monts nébuleux. ”
“ Étoiles Le jugement de Chérubin Le marché de la Madeleine Le rossignol À un jeune homme riche Impertinence L’asile Sonnets SONNETSCalonice SONNETSÀ une femme SONNETSInvitation à la promenade ”
Termes fréquents
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