Georges Eekhoud

Georges Eekhoud

Résumé

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Les Pittoresques

Le pauvre André ! Jadis joyeux, loquace, alerte,
Il errait maintenant tout le jour, chaque nuit,
Ainsi qu’un vagabond au dénuement réduit.
Il avait essayé, mais tentative vaine,
D’émouvoir de nouveau le cœur de l’inhumaine.
Aux larmes, aux accents d’un amour éprouvé,
Jeanne, le front baissé, l’œil à peine levé,
Ne répondait qu’un mot : « Dieu ! » Puis, montrant la nue,
Semblait d’un pur esprit attendre la venue
Pour s’envoler auprès de l’époux de ses vœux.
Lorsqu’elle fuyait, lui s’arrachait les cheveux.
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Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Les Pittoresques

« Oh ! disait-il, je t’aime et tu seras à moi !
Viens, neige, goutte d’eau, remonte dans la nue ;
Sur un rayon puissant, sublime palefroi,
Je t’emporte... Il est temps de calmer ton émoi...
Ah ! tu m’as fait souffrir... Mais la grâce est venue. »
Mais la neige était prude et méchante, et, plutôt
Que de voler vers l’astre, elle sauta, rapide,
La pente du glacier, devint ruisseau limpide.
Les efforts du soleil, hélas ! gonflaient le flot,
Et le torrent braillard, impudent, au galop
Passant par là, surprit la cascade stupide,
L’emporta dans sa course et la fondit en lui.
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Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Les Pittoresques

Près de lui cette Guigne au parler insolent,
Qui trouve qu’à ramer son bras devient trop lent,
Cette Guigne l’aimait ! Et des flammes de soufre
Passent devant ses yeux, et le reflet sanglant
De la lune lui dit que profond est le gouffre.
« Retournons, dit Gaston ; il fait frais, il est tard...
— Il est même trop tard ! lui répond le brave homme.
— Tiens, qu’a-t-il, celui-là, pour sortir de son somme ? »
Reprend le blond gandin. C’est égal, l’œil hagard
N’a rien de cet éclat que rassurant l’on nomme.
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