Georges Eekhoud,
Les pittoresques : la guigne, Raymonne…
(1879)
“ Démon aux yeux de Jeanne, il croyait voir un ange. Il l'aimait dans l'extase. Elle leva sur lui Le couteau dont la lame une seconde a lui, Pour transpercer d'un coup profond la gorge nue Que lui tendait André, sans broncher à sa vue. « Jeanne! » a-t-il murmuré pour la dernière fois. Puis, il est retombé. Les fougères sous bois, La mousse de velours du sang d'André tachée, Forment un lit moelleux où Jeanne s'est couchée. Car, le meurtre accompli, de son faible cerveau L'âme a rompu l'obstacle, et, sous un jour nouveau, A la suite d'André, vite, s'est envolée ! ”
