Résumé

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Les pittoresques : la guigne, Raymonne… (1879)

Démon aux yeux de Jeanne, il croyait voir un ange. Il l'aimait dans l'extase.
Elle leva sur lui
Le couteau dont la lame une seconde a lui,
Pour transpercer d'un coup profond la gorge nue Que lui tendait André, sans broncher à sa vue.
« Jeanne! » a-t-il murmuré pour la dernière fois. Puis, il est retombé.
Les fougères sous bois,
La mousse de velours du sang d'André tachée, Forment un lit moelleux où Jeanne s'est couchée.
Car, le meurtre accompli, de son faible cerveau
L'âme a rompu l'obstacle, et, sous un jour nouveau, A la suite d'André, vite, s'est envolée !
Source : Gallica

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Les pittoresques : la guigne, Raymonne… (1879)

Et le Veloureux pleure. On ignore qu'il souffre. Près de lui cette Guigne au parler insolent,
Qui trouve qu'à ramer son bras devient trop lent, Cette Guigne l'aimait ! Et des flammes de soufre Passent devant ses yeux, et le reflet sanglant De la lune lui dit que profond est le gouffre.
« Retournons, dit Gaston; il fait frais, il est tard... —Il est même trop tard ! lui répond le brave homme.
—Tiens, qu'a-t-il, celui-là, pour sortir de son somme ? » Reprend le blond gandin. C'est égal, l'œil hagard N'a rien de cet éclat que rassurant l'on nomme.
Source : Gallica

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Les pittoresques : la guigne, Raymonne… (1879)

Les ombres de la nuit s'effacent dans le ciel,
Les bois et les coteaux sont couverts de rosée,
Le papillon volage et l'abeille empressée Visitent l'aubépine et dérobent son miel.
Raymonne est une enfant par le cœur et la taille; Pour la grâce il n'est pas de fille qui la vaille. Châtelaine jamais n'eut rayons si divins Dans les yeux, sur la bouche un si charmant sourire. Lorsqu'on la voit passer, on ne peut que redire :
« Cette ange n'était pas faite pour nos chemins. »
Huguet n'a que vingt ans.
Source : Gallica

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