Georges Eekhoud

Élements biographiques

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Myrtes & cyprès (1877)

Dort-elle, et de sa bouche close Est-ce le doux soupir du sommeil innocent Qui monte vers le ciel d'où son rêve descend? A-t-elle, pauvre enfant, lasse de la journée Sur sa couche pudique attendu l'arrivée De celui qui l'adore et voudrait dans ses bras La bercer doucement en l'embrassant tout bas?... Non! Malheur !... Ce n'est pas le souffle de sa bouche, Quelqu'un d'autre au lieu d'elle est entré dans sa couche! Quoi! Mais je deviens fou, cette fois... Ils sont deux! C'est la voix du désir, l'effort voluptueux De deux souffles ardents se confondant ensemble.
Source : Gallica

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Les Pittoresques

Le pauvre André ! Jadis joyeux, loquace, alerte,
Il errait maintenant tout le jour, chaque nuit,
Ainsi qu’un vagabond au dénuement réduit.
Il avait essayé, mais tentative vaine,
D’émouvoir de nouveau le cœur de l’inhumaine.
Aux larmes, aux accents d’un amour éprouvé,
Jeanne, le front baissé, l’œil à peine levé,
Ne répondait qu’un mot : « Dieu ! » Puis, montrant la nue,
Semblait d’un pur esprit attendre la venue
Pour s’envoler auprès de l’époux de ses vœux.
Lorsqu’elle fuyait, lui s’arrachait les cheveux.
Source : Wikisource

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Le cycle patibulaire

«Où es-tu, Santo? L'encens ne parfume plus ton puéril sillage. Pourquoi as-tu laissé choir ta croix d'or! Et l'agneau! Ah! il s'agit bien d'une autre hostie!... C'est donc la lionne rouge, le fauve que tu tenais en laisse!»
Aussitôt après, un sale matin de suie et de bleu détrempé, dans la même grande ville qui n'est pas Milan, juste à l'heure où les boulangers comme toi cuisent leur pain, mon Santo. Des cliquetis de sabre au poing, de grands hommes à cheval passent au-dessus de la foule carnassière. Un vilain matin; c'est aussi l'heure où la besogne commence dans les abattoirs.
Source : Gutenberg

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