Georges Eekhoud

Georges Eekhoud

Résumé

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Le terroir incarné (1923)

Dans mon rude mais exubérant pays il m'était une contrée chérie entre toutes : et dans cette contrée, un village qui me synthétisait, qui me quintessenciait la province élue — et dans cette paroisse, un être rêvé, un parangon, un idéal. En lui se résumait le caractère prestigieux, affectif, souverainement hallucinant et charmeur de toute une génération de plastiques et troublants terriens de ce terroir. En lui le sang si généreux et si florissant de toute cette
région est encore parvenu à se sélectionner.
Source : Gallica

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Le terroir incarné (1923)

Les derniers roulements du tonnerre se sont tus, avant même que le fouet ait cessé de me stimuler et de me saluer de ses cinglades, et la rafale s'est lassée depuis longtemps de battre les lances de la pluie contre mes volets, quand je ne cesse de répandre des larmes à la fois de bonheur et de détresse: «Veillez sur mon brave Monn, o mon Dieu... Et prenez pitié de moi!... Dispensez-moi la force de créer une œuvre qui l'exalte, qui l immortalise en l'art et qui le tue pour moi... »
Source : Gallica

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Le terroir incarné (1923)

Monn est d'ailleurs très bien vu de toute la paroisse, mais dans cette sympathie il entre de la pitié et de la protection. « Monn, un si brave garçon ! » diront-ils avec ce sourire supérieur que je surpris déjà chez mon hôtesse et qui m'indisposa même un instant contre cette honnête personne. Tous, à commencer par les notables, parlent de ce peinard comme d'un animal utile et bénévole, à peu près, en somme, comme en parlait son père, mais sans exagération, sans cet attendrissement hypocrite du paysan pour la bête qu'il exténue.
Source : Gallica

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