Ernest Lafon

Résumé

Ernest Lafon Les vacanciers (1939)

« Mon cher Brunel, j'ai beaucoup voyagé, en France et aux colonies, je n'ai jamais vu un si ravissant spectacle... »
— Nous sommes orfèvres, vieux ; méfions-nous de notre opinion trop portée à magnifier le pays natal, car c'est, évidemment, une pointe de fierté commune à tous les terroirs.
— N'empêche, poursuivit le colonel, que ce paysage inspire de saines et larges idées. De ta terrasse, on a l'impression de vivre au-dessus des mortels, de se détacher de toutes les vaines passions humaines pour s'abandonner tout entier à l'ambiance de l'âpre et grisant parfum rustique.
Source : Gallica

Ernest Lafon Les vacanciers (1939)

Dès le début du repas, André se sentait mal à l'aise et cherchait ses mots ; mais le gentil sourire, si plein de candeur de Ghislaine, la cordialité de la conversation du colonel finirent par lui rendre son assurance, d'autant qu'une bouteille de « Vieux Cahors » est souveraine pour remonter les timides. Si bien qu'au dessert, nos vieux compères semblaient rajeunis, tandis que Ghislaine s'épanouissait comme une rose, si heureuse à son insu de la présence d'André Delsart qui, sans s'en douter, lui savait gré d'être si belle.
Source : Gallica

Ernest Lafon Les vacanciers (1939)

M. Romec n'eut pas la cruauté d'insister. Il mit froidement à la porte la solliciteuse qui, encore jeune, avait joué de tous ses charmes. En racontant cette entrevue à M. Brunel, il s'amusait follement de l'ingénuité des parents et de l'étiage de malhonnêteté de certains parvenus qui croient pouvoir acheter les consciences tout comme ils ont si facilement réalisé une aisance ou une fortune...
Ghislaine n'avait pas assisté aux
commérages du bain de onze heures. Elle s'était levée tard, l'esprit troublé par ce que lui avait dit la veille M. Brunel sur l'humeur sombre d'André.
Source : Gallica

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