Georges Eekhoud

Georges Eekhoud

Résumé

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud La nouvelle Carthage

Porté sur les épaules de Jan Vingerhout, Laurent, leste comme un singe, s’aidant des pieds et des mains, s’accrochant à des aspérités chimériques, parvient jusqu’au balcon, l’escalade, empoigne la hampe, essaie de la dégainer, finit par s’y suspendre, en tirant sur l’étoffe : on entend un craquement, le bois se brise...
La foule jette un cri d’anxiété.
Le drapeau est conquis, mais le hardi conquérant s’abat dans le vide avec son trophée. Il se serait rompu le cou sur le pavé si le vigilant et solide Vingerhout n’eût été là.
Source : Wikisource

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud La nouvelle Carthage

Elle parodia cette valse frelatée, en exagéra le rythme à tel point qu'on aurait pu la danser. Laurent trouvait que Gina se montrait trop la femme de cette valse: la femme du vide, du tourbillon, du vertige, de la curiosité, du changement de place. Sans avoir lu Shakespeare, Laurent détestait ce clinquant musical et trouvait ces roucoulades déplacées: ce chant trop gai, trop rieur, d'une vivacité et d'un éclat insolent, devenait, pis qu'un air de bravoure, un air de bravade.
Les auditeurs, Béjard, les Saint-Fardier en tête, applaudirent et bissèrent.
Source : Gutenberg

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud La nouvelle Carthage

Le curé de Willeghem cherchait encore à discerner le sillage et le remous de la Gina. Deux grosses larmes descendaient lentement de ses joues et il traçait dans l’air un lent signe de croix. Mais le vol éparpillé des oiseaux de mer avec des giries de sorcières qui se hèlent, semblait parodier ce doux geste professionnel aux quatre coins de l’horizon. Crispé par leurs sarcasmes, Laurent se retourna vers la ville. Un bruit de pioches et d’écroulement se mêlait au grincement des grues du port, au fracas des marchandises jetées à fond de cale, à la retombée du pic des calfats.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature