Maurice Bonneff

Résumé

Maurice Bonneff Didier homme du Peuple

Les bras de l’enfant se raidissent, les jambes deviennent indolores, les pensées s’effacent de son cerveau : il marche, la roue a creusé un sillon dans la boue d’argile et sur cette piste la brouette s’engage, c’est elle qui dirige l’enfant. Au départ, c’est le poids contre lequel il faut lutter, mais toutes forces déployées, on le vainc. Et on marche vite. La nuit descend, elle surprend les hommes au labeur. Il semble à Didier qu’il est retiré du monde, qu’il vit dans une cité avec des gens qui ne sont pas des humains.
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Maurice Bonneff Didier homme du Peuple

Francine, nous sommes heureux !
Il répète cela mentalement, lorsqu’il croise les gens de la rue, les distributeurs de prospectus, les garçons de café, ceux qui n’ont pas de travail, qui vivent « chez les autres », ceux dont l’heureux Didier a partagé la misère au temps du trimard et du service.
Ce qui le surprend, c’est la rapidité avec laquelle filent les jours. Ses années d’enfance ont passé si lentement ! Quel bonheur solide est le sien, un bonheur dépourvu même de cette légère brume d’inquiétude qui ombre les amours les plus vivaces. Sa jeunesse lui donne une telle quiétude !
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Maurice Bonneff Didier homme du Peuple

Papa surgit quelquefois, au milieu de fantômes, mais Didier n’a guère le temps de retenir une pensée. Elles volètent dans sa mémoire et se sauvent à tire d’ailes, chassées par l’effort musculaire qui absorbe toutes les forces, y compris celle du cerveau. Didier besogne comme un chien qui tourne une meule, un cheval qui meut un manège. Didier pousse la brouette et son jeu mécanique ne lui inspire bientôt plus que les idées qui naissent du métier : l’évaluation d’un poids, le nombre de briques, la facilité pour le roulage d’un chemin sec ou détrempé.
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