Simone Weil,
La Condition ouvrière
“ On l’emporte avec soi dans l’usine, où elle souffre ; le soir, cet épuisement l’a comme anéantie, et les heures de loisir sont vaines. Certains incidents, au cours du travail, procurent, il est vrai, de la joie, même s’ils diminuent le salaire. D’abord les cas, qui sont rares, où on reçoit d’un autre à cette occasion un précieux témoignage de camaraderie ; puis tous ceux où l’on peut se tirer d’affaire soi-même. Pendant qu’on s’ingénie, qu’on fait effort, qu’on ruse avec l’obstacle, l’âme est occupée d’un avenir qui ne dépend que de soi-même. ”

