Juliette Pary, L'amour des camarades (1948)
“ Alors, n'attends pas le train, cela te retarderait. Ne faisons pas de sentiment. Pierrette, grelottante, hagarde, m'embrasse dans l'obscurité et part. Dès qu'elle a disparu, le remords m'écrase. Comment l'ai-je laissée partir ? C'est fou ! Elle n'est qu'une gamine ! Seule, la nuit, sur les routes ! Et si elle succombe à un accident ? Nous aurions mieux fait de ne pas partir ensemble, puisque cela conduit à un tel déchirement... Après quatre ans d'une amitié pareille, cet adieu insensé ! Des gens presqu'invisibles vocifèrent dans les ténèbres. Daniel est séparé de moi par la foule. ”
