Résumé

Masses et culture de masse dans les années trente (1991)

Ici, Pavlov, Taylor, plus Freud défiguré donnent une étrange configuration à la propagande. Mais force est de reconnaître que le nazisme a joué (ou s'est joué) du fusionnel dans son esthétisation du politique comme l'a si bien dit W. Benjamin.
Cette idylle chasse l'intolérable, le non gérable, le non assimilable, elle masque l'échec, la finitude, elle refait du corps dans l'imaginaire, elle est Kitsch. La promotion des masses dans les années 30, c'est, après l'épisode de Louis II de Bavière, la grande émergence du Kitsch dans la culture : « Le principe du mal dans l'Art» dit H. Broch 21.
Source : Gallica

Masses et culture de masse dans les années trente (1991)

On ne peut pas nier que les années trente aient vu à l'oeuvre une immense tentation non pas tant de l'uniformité — nous savons que l'hétérogénéité était partout — mais une tentation du monologisme, du blocage du sens, de la plénitude du sens. Monologisme, j'emprunte à dessein ce terme à M. Bakhtine qui entend par là tout ce qui va à rencontre de l'hétérogénéité des styles, des voix, dans le roman et dans la culture, tout ce qui va à rencontre du polyphonisme, du carnavalesque, du dialogisme, en un mot de l'altérité.
Source : Gallica

Masses et culture de masse dans les années trente (1991)

Chaque titre de roman en tant que tel, qu'il appartienne au réseau du travail, de l'histoire, de l'homme nouveau ou du rapport à la terre et/ou au « pays », reste polysémique, ouvert sur un horizon au sens multiple, mais ce qui bloque le sens et qui évolue vers une sloganisation de plus en plus chargée, c'est d'une part l'effet d'ensemble de ces titres réunis et, d'autre part, l'effet d'écho entre ces titres de fiction et les véritables slogans. De la « construction du socialisme » à « l'avenir radieux », tout se répète, se ressasse dans une récurrence qui fige la polysémie.
Source : Gallica

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