“ Et tout un roman, de cape et d’épée, d’amour et d’honneur, courait les rues :« Fernand, disaient les feuilles, n’était pas un cabot vulgaire, le baryton professionnel, l’ordinaire numéro des music-halls. — Dernier-né d’une grande famille, noble comme les Montmorency, mais pauvre comme Job, les siens ayant été affligés par des revers de fortune, Fernand, — ce nom cachait un nom devant lequel s’incline tout l’armorial de France ! — était une fois, comme dans les contes de fées, tombé amoureux d’une princesse belle comme le jour...» ”
Yvette Guilbert
Résumé
La Vedette, de Yvette Guilbert, est un roman qui explore les enjeux d’amour, d’art et de destin à travers la vie de Fernand, un chanteur ambitieux, et sa relation tumultueuse avec Mésange. L’œuvre mêle récits de concerts, de rivalités artistiques et de passions intenses, illustrés par des dialogues percutants et des descriptions évocatrices de Paris.
Les thèmes de la transformation sociale, de la vanité de la célébrité et de la fragilité des relations humaines y prennent forme, tandis que les personnages secondaires, comme Lourbillon ou Drulom, enrichissent l’univers d’une comédie sociale acerbe. Le texte insiste sur la dualité entre l’aspiration à la gloire et la recherche d’un amour sincère, soulignant les sacrifices et les illusions qui accompagnent la carrière d’un artiste.
Citations de La Vedette (Yvette Guilbert)
“ C’est une sorte de garantie contre l’indifférence tueuse de l’amour.— Il y a des gens — répondit Fernand — qui trouvent justement la fatigue de l’amour dans le perpétuel tête-à-tête...— Allons donc ! sursauta Mésange, ce sont des êtres inférieurs, qui aiment mal. Crois-tu que tous les hommes soient capables d’amour ? Alors, pourquoi y a-t-il tant de mauvais amants et tant de mauvais maris ? C’est un don, un art, aussi difficile sinon plus qu’un autre, et si tout le monde « en fait, » très peu y sont artistes. ”
“ Car il était bon, Fernand, meilleur — oh ! combien ! — que la moyenne des hommes, et il le lui prouvait constamment, en l’aimant sans égoïsme, celui-là, et bien plus pour son bonheur à elle, que pour son bonheur à lui.Il ne l’aimait pas que bien attifée et d’une élégance qui devait contenter un amour-propre d’homme, une vanité d’amant orgueilleux, heureux que sa maîtresse soit belle pour les autres.Elle n’avait pas eu besoin, pour le conserver, d’employer les misérables moyens de défense, qui prouvent la fragilité et la vulgarité d’un amour. ”
