Résumé

Portrait de Jules Claretie Jules Claretie Une femme de proie : scènes de la vie parisienne (1881)

J'entends une misère en gants blancs et en robe de soie.
- Possible, dit Fargeau.
- Au fond, continua Léon de Bruand, Antonia n'aime que la misère, la bohème, le ruisseau. Elle suivra Terrai au cabaret si Terral y descend. Par passion ? Jamais. Je vous l'ai dit souvent. Par caprice, par goût, par amour de l'antithèse. Elle a, comme toutes les autres, la nostalgie du passé, du vin bleu, de bottines trouées et du haillon. Elle m'aurait aimé, qui sait? si je l'avais salie. Elle aime le luxe d'instinct, mais au fond la fantaisie sans le sou, l'amour va-nu-pieds est son amour à elle.
Source : Gallica

Portrait de Jules Claretie Jules Claretie Une femme de proie : scènes de la vie parisienne

J'aime mieux mourir jeune, éreintée, poitrinaire et avoir eu tout, chevaux, voiture, cachemires, soupers, le diable! Tu m'as donné tout cela, tu ne peux plus me le donner. Je vais ailleurs, il ne faut pas m'accuser. C'est ma nature. Mais si tu voulais,—songe donc,—si tu voulais, vois-tu, cette vie-là, nous la partagerions... Tu en aurais ta part... Tu sais, je me cacherais comme autrefois—pour t'aimer—et ce luxe, qui est ma vie, je te l'apporterais chez toi, en te disant: Voilà ta part!
—Tu es folle, dit Terral en la repoussant, et tu te trompes toi-même, aveugle que tu es.
Source : Gutenberg

Portrait de Jules Claretie Jules Claretie Une femme de proie : scènes de la vie parisienne

Pourquoi l'appelles-tu Cachemire? Tu es une mauvaise femme! Je te défends de l'appeler Cachemire. Ce n'est pas son nom, n'est-ce pas? Je sais bien, je sais bien. Tu ne l'as jamais aimée. Était-elle assez malheureuse ici! C'est peut-être toi qui es cause... Et moi, bête brute, qui la battais... Donne-moi de l'eau, ajouta-t-il en retombant assis... Oh! ma tête!... Quand je te dis de me donner de l'eau!
Madame Labarbade haussa les épaules, remplit un bol à la fontaine et l'apporta à Labarbade, qui y trempa son mouchoir.
Il se rafraîchissait le front, les tempes, les lèvres qui le brûlaient.
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature