Résumé

Portrait de Jules Claretie Jules Claretie Les Femmes de proie. Mademoiselle Cachemire (1867)

Pourquoi l'appelles-tu Cachemire? Tu es une mauvaise femme!
Je te défends de l'appeler Cachamire. Ce n'est pas son nom, n'est-ce pas? Je sais bien, je sais bien. Tu ne l'as jamais aimée. Etait-elle assez malheureuse ici ! C'est peut-être toi qui es cause... Et moi, bête brute, qui la battais... Donne-moi de l'eau, ajoutà-t-il en retombant assis... Oh! ma tête!... Quand je te dis de me donner de l'eau !
Madame Labarbade haussa les épaules, remplit un bol à la fontaine et l'apporta à Labarbade, qui y trempa son mouchoir.
Il se rafraîchissait le front, les tempes, les lèvres qui le brûlaient.
Source : Gallica

Portrait de Jules Claretie Jules Claretie Les Femmes de proie. Mademoiselle Cachemire (1867)

Au fond, continua Léon de Bruand, Cachemire n'aime que la misère, la bohème, le ruisseau. Elle suivra Terral au cabaret si Terral y descend. Par passion ? Jamais. Je vous l'ai dit souvent. Par caprice, par goût, par amour de l'antithèse. Elle a, comme toutes les autres, la nostalgie du passé, du vin bleu, des bottines trouées et du haillon. Elle m'aurait aimé, qui sait ? si je l'avais salie. Elle' aime le luxe d'instinct, mais au fond la fantaisie sans le sou,l'amour va-nu-pieds est son amour à elle. C'est une amoureuse de la misère, comme vous, Fargeau.
Source : Gallica

Portrait de Jules Claretie Jules Claretie Les Femmes de proie. Mademoiselle Cachemire (1867)

M. de Bruand lui offrait un luxe trop uniforme ; il y avait un nuage dans son bonheur. Ce n'était pas cela, c'était une autre vie, plus heurtée, qu'elle avait désirée, qu'elle rêvait, au bord de l'eau, là-bas, dans ses songeries malsaines, que berçaient les frissons des peupliers. Joseph Guérin, les cabotins de Montparnasse, M. de Bruand, les rencontres de coulisses, c'était bien, mais il n'y avait point là encore l'homme fait pour elle, son maître. M. de Bruand était trop poli, Joseph avait été trop aimant. Elle rêvait d'être battue. Elle se jeta à la tête de Fernand.
Source : Gallica

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