Emmanuel Denoy

Résumé

Emmanuel Denoy Mademoiselle Clarens (1880)

Baron ! m'écriai-je audacieusement, je ne vous savais pas si jaloux.
– Jaloux ! moi !
– Oh ! ce sentiment vous fait honneur en même temps qu'à celle qui vous l'inspire ; car vous n'en demandez pas tant aux femmes, et il faut que celle-ci soit terriblement fascinante pour vous faire sortir ainsi de votre philosophie.
– Mais de quelle femme parlez-vous ?
– D'Edmée Clarens.
– Ah ! vous voyez bien que Luc vous a confié ses petits bonheurs !
– Vous voyez bien que vous êtes jaloux !
– Mon cher Tiziano, s'il y a un jaloux dans cette affaire ce n'est pas moi, c'est ce pauvre Luc.
Source : Gallica

Emmanuel Denoy Mademoiselle Clarens (1880)

Ah ! mon cher baron, soupira Luc, vous êtes volé.
– Volé ?
– Vous louez des chalets pour six mois !
– Ah ! ah !... Vous savez donc ?... fit le vieillard en jouant la surprise.
– A des amoureux !
– Eh bien ?
– Eh bien ! Depuis quand la lune – même de miel – a-t-elle cent quatre-vingts jours ?
– Ça m'est égal, ricana Wilmer, je suis payé d'avance.
Déjà quelques invités s'étaient esquivés. D'autres vinrent prendre congé du baron. Luc s'empressa de suivre leur exemple et endossa son pardessus, après avoir échangé avec son amphitryon la plus ironique des poignées de mains.
Source : Gallica

Emmanuel Denoy Mademoiselle Clarens (1880)

Tiziano, familiarisé avec ces deux classes de femmes, aurait apprécié cette nuance délicate si son attention n'eût été ailleurs. Les cheveux d'Edmée, dénoués sur sa nuque, s'étaient déroulés jusqu'au bout de leurs longues mèches avec ces inimitables ondulations des chevelures que le fer brûlant n'a jamais touchées Son peignoir, qu'elle ne s'était pas donné la peine de serrer à la taille et dont la ceinture laissait pendre par derrière ses deux cordelières, lui faisait, avec sa queue traînant sans bruit, la silhouette nonchalante et négligée d'une femme qui sort de son lit.
Source : Gallica

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