Léon Allard

Résumé

Léon Allard Maison de famille (1884)

« Prends garde, Sophie... Prends garde ! »
– Laissez-moi, lâchez-moi ; je ne vous connais pas.
Elle a jeté ce cri bien haut. Et pendant qu'elle se dégage d'un mouvement brusque, pendant qu'elle se réfugie dans la voiture dont la portière claque sur elle, le cocher, du haut de son siège, brandit son fouet contre Castan, qu'il prend pour un fou on pour un homme ivre.
Cette scène rapide du trottoir a déjà arrêté deux ou trois passants, mais le coupé part au grand trot et disparaît dans la rue de Rivoli, emportant les deux femmes toutes tremblantes de la frayeur
qu'elles viennent d'avoir.
Source : Gallica

Léon Allard Maison de famille (1884)

Ce fut alors que madame Fizanne le vit passer, à travers la vitre, et s'arrêter sous le porche, se retourner vers elle pour le dernier adieu à la maison quittée. L'amertume du départ, comme un goût de fiel, s'épanchant en lui, se distillant goutte à goutte, faisait naître en ce moment, dans son coeur, un âpre sentiment de haine contre l'inconnu, le misérable, qui était la cause de tout : cause, par son absence, que lui, Herbelin, croyant veuve madame Fizanne, l'avait aimée ; cause par son existence, que cet amour était sans espoir, et d'un sans espoir bien plus désolant que celui d'autrefois.
Source : Gallica

Léon Allard Maison de famille (1884)

Sophie se révolta d'abord. Renoncer à Paul, elle le pouvait, mais perdre son estime, lui avouer sa honte, elle n'y voulait pas consentir.
– Vous lui devez pourtant la vérité, disait madame Fizanne. Il vous aime trop pour ne pas lui faire connaître le motif de votre refus. Il décidera. Et si, étant instruit, il voulait quand même faire de vous sa femme, auriez-vous le droit de refuser encore ?
Elle offrait de parler elle-même à Paul. Sophie, lasse de lutter, avait fini par céder. « Faites donc comme vous voudrez ! »
Mais alors madame Lescande s'était empressée d'intervenir.
Source : Gallica

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